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Recruter au moyen d’outils de reconnaissance des émotions - Par : Marie-Anne Valiquette,

Recruter au moyen d’outils de reconnaissance des émotions


Marie-Anne Valiquette
Marie-Anne Valiquette Profil de l'auteur(e)
Marie-Anne Valiquette a obtenu un baccalauréat en génie mécanique à l’École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal. Elle habite à Silicon Valley en Californie où elle étudie l’intelligence artificielle grâce à des plateformes en ligne comme Udacity et deeplearning.ai.
Programme : Génie mécanique 

Intelligence artificielle identifiant les émotions par l’expression du visage

L’image d’en-tête a été achetée sur Istock.com et est protégée par des droits d’auteur.

La technologie de reconnaissance faciale nous permet d’acheter des repas, d’accéder à nos téléphones intelligents ou à nos ordinateurs, et sert même aux forces de l’ordre pour localiser et arrêter les criminels. Cette technologie va même plus loin, car les algorithmes peuvent maintenant non seulement nous identifier, mais aussi déduire ce que nous ressentons. La technologie de reconnaissance des émotions en est encore à ses débuts, mais certains développeurs d’intelligence artificielle (IA) prétendent qu’elle a le potentiel de transformer le recrutement.

Les algorithmes peuvent analyser à quel point un candidat est nerveux, intéressé, honnête ou indigne de confiance, ce qui permet aux employeurs d’éliminer plus facilement un candidat dès le début du processus d’embauche. De grandes entreprises comme Unilever commencent déjà à intégrer cette technologie dans leurs méthodes de recrutement. Human, une entreprise en démarrage située au Royaume-Uni, en Chine et aux États-Unis est à mettre au point une technologie de pointe pour capter et analyser les sentiments et le caractère humains à différentes fins [1]. À titre d’exemple, ils utilisent des algorithmes d’analyse faciale en format vidéo pour observer les candidats. Ils peuvent déchiffrer leurs réponses émotionnelles par rapport au contenu de l’interview. Par la suite, Human retourne au service de recrutement son analyse portant sur chaque question d’entrevue, permettant ainsi de mieux cibler le meilleur candidat et facilitant la prise de décision. La technologie de reconnaissance des émotions a le potentiel d’aider à trouver le candidat le plus prometteur.

Affectiva – Exemple d’états émotionnels et cognitifs en temps réel (en anglais)

Ce n’est pas encore pratique courante : les entreprises continuent de filtrer les candidats par les méthodes usuelles. Toutefois, cette approche prend du temps, ce qui n’est pas nécessairement efficace quand vient le temps de choisir le meilleur candidat pour un poste. En outre, un recruteur pourrait être biaisé pendant une entrevue quant à l’apparence physique, l’ethnicité ou le sexe [2] du candidat. La technologie de reconnaissance des émotions constitue un moyen plus objectif d’analyser l’aptitude d’un candidat.

La technologie de reconnaissance des émotions pour le recrutement présente plusieurs défis. Le premier est la propriété légale des données enregistrées, à savoir si les candidats conserveront leurs droits sur leurs images ou s’ils pourront les céder aux employeurs potentiels [2]. Un autre est la fiabilité et la précision de l’analyse : l’être humain est complexe et, selon sa culture et le contexte, l’expression ou la réaction d’une personne à une question n’est peut-être pas l’indicateur le plus probant pour déterminer la compétence du candidat. En outre, les personnes excentriques, timides ou introverties pourraient être exclues par un algorithme et cela ne signifie pas qu’elles ne sont pas qualifiées pour le poste.

iMotions Facial Expression Analysis Solution

Ne pas se comporter d’une manière conforme à une nouvelle norme à la mode n’est pas un signe d’incompétence.

Également, recueillir, interpréter et extraire les informations les plus utiles et précises au cours d’une entrevue au moyen de la technologie de reconnaissance des émotions nécessiterait une formation. Une autre question qui doit être débattue est de savoir si les candidats vont changer leur comportement, sachant qu’ils sont enregistrés.

Les domaines pour lesquels cette technologie a un potentiel d’affaires ne se limitent pas au processus d’entrevue. Elle pourrait également être utilisée pour aider les employés à améliorer leurs techniques de présentation ou à analyser les employés qui présentent des signes d’ennui, de dépression ou de fatigue. À l’extrême, cette technologie pourrait servir à pénaliser les employés non productifs, ayant pour effet d’affecter la vie privée en milieu de travail.

Marie-Anne Valiquette

Profil de l'auteur(e)

Marie-Anne Valiquette a obtenu un baccalauréat en génie mécanique à l’École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal. Elle habite à Silicon Valley en Californie où elle étudie l’intelligence artificielle grâce à des plateformes en ligne comme Udacity et deeplearning.ai.

Programme : Génie mécanique 

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