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Améliorer la prestation d’un orchestre symphonique grâce au génie industriel? - Par : Substance,

Améliorer la prestation d’un orchestre symphonique grâce au génie industriel?


ali-mohammadshahi-1Nous avons rencontré Ali Mohammadshahi, étudiant de premier cycle en génie industriel de l’Université iranienne des sciences et de la technologie (IUST), durant l’été 2016 à Montréal. Il est l’un des 49 étudiants internationaux admis à l’École d’été sur l’innovation et le design technologique, un cours universitaire intensif d’un mois en génie à l’École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal. Pendant son séjour, Ali a montré un intérêt à poursuivre ses études en réalisant une thèse de maîtrise à l’ÉTS. Sa proposition de projet de recherche est très originale : il cherche à améliorer la prestation d’un orchestre symphonique en appliquant des procédés de génie industriel. Ali a aussi des antécédents inusités : il sera diplômé en génie industriel d’ici quelques mois et il est aussi le plus jeune chef d’un orchestre symphonique de son pays!

Ses débuts en musique

Ali commence à apprendre la musique à 6 ans. Il est tout de suite impressionné par la musique et les chansons iraniennes. Ses parents (deux ingénieurs électriciens), pensant qu’il démontre un talent musical certain, l’inscrivent à des leçons de piano classique. Comme il démontre aussi de l’intérêt pour les chansons iraniennes, il commence à suivre des cours de chant à 8 ans.

Savoir jouer du piano ne lui suffit plus. Il commence donc des cours de percussion avec un Tombak et il apprend à jouer du Tar, un instrument de musique iranien. Cet instrument ressemble à une guitare avec 6 cordes. Plus il joue d’instruments, plus il veut apprendre à en jouer d’autres. Un jour, cherchant à se dépasser, il réalise qu’il veut vraiment travailler avec tous les instruments en même temps. Il commence donc à apprendre à composer.

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Son intérêt pour le génie

À 12 ans, il est sélectionné par l’Organisation nationale de développement des talents exceptionnels (NODET) en Iran. Leur programme d’apprentissage est beaucoup plus vaste : au lieu d’une simple formation en sciences, ils offrent des cours comme l’optique, la mécanique, l’électromagnétisme, les mathématiques, la chimie et la robotique. À 14 ans, il travaille sur des projets tels que les pompes à vide, les fusées à combustible solide, la fabrication et le lancement de prototypes : une introduction aux travaux de génie intimidante, mais stimulante à la fois.

Lorsque le moment est venu de choisir un programme de premier cycle, ses parents et lui conviennent qu’il a la capacité de faire les deux programmes (musique et génie) à la fois. Malheureusement, il n’est pas possible en Iran d’être inscrit dans deux majeures en même temps, surtout quand le deuxième programme est considéré comme non pertinent. En discutant avec ses parents et ses professeurs de musique et de génie, il décide de s’inscrire en génie : il serait toujours capable de passer à la musique quand il le voudrait, mais le contraire aurait été impossible. Il est accepté à l’IUST. Ses parents acceptent qu’il continue à étudier la musique avec ses professeurs en cours particuliers aussi longtemps qu’il réussit bien dans les deux programmes.

ali-mohammadshahi-2Naissance d’un orchestre symphonique

Pendant qu’il étudie la composition musicale, Ali trouve ennuyeux de composer sur papier alors que ses pièces sont destinées à un orchestre. Il décide donc de devenir chef d’orchestre pour pouvoir faire jouer ses pièces.

En Iran, il y a moins de cinq orchestres symphoniques classiques officiels. De nombreux projets musicaux sont réalisés par des musiciens qui se rassemblent, répètent quelques mois et donnent un concert sans former d’orchestre permanent. Ali forme son premier orchestre de chambre à 18 ans. Il commence avec des amis et des collègues. Ce sont de bons instrumentistes, tous du même âge. 20 à 25 musiciens jouent ensemble ses compositions et différents arrangements musicaux (de son cru et provenant d’autres compositeurs).

Au bout d’un an, l’orchestre compte 80 musiciens et s’exerce dans l’une des meilleures salles de répétitions de Téhéran. Cependant, le projet d’orchestre échoue après une année de travail, juste avant de donner le premier concert. Ali est déprimé. Il met presque un an à décider de recommencer après cet échec, avec le soutien de professeurs comme Maestro Nader Mashayekhi, Maestro Luris Tjeknavorian et Maestro Sediq Tarif. Mais cette fois, Ali choisit trois autres personnes pour l’aider à gérer l’orchestre : un directeur d’orchestre (Alireza Mehrabi), un directeur des musiciens, un directeur de production et lui-même, directeur musical et chef d’orchestre. Cette démarche apporte à l’orchestre plus d’expérience, plus de planification, un calendrier, plus de répétitions et plusieurs gestionnaires qui travaillent pour obtenir des contrats professionnels.

Premier concert

Un des chanteurs les plus célèbres de son pays, M. Aminollah Rashidi, accepte de participer à leur premier concert malgré son âge avancé (il est né en 1923). Ils répètent intensément pendant quatre mois et donnent finalement leur premier concert avec 60 musiciens dans une salle de concert à Téhéran, jouant des pièces qui rappellent de nombreux souvenirs à l’auditoire.

Le chanteur Aminollah Rashidi a joué avec l'orchestre de Ramesheh à la salle d'Andisheh du bureau d'art à Téhéran le 26 mai 2016. Les 60 musiciens orchestre classique composé a été dirigé par Ali Mohammadshahi (source).

Le chanteur Aminollah Rashidi a joué avec l’orchestre symphonique de Ramesheh à la salle Andisheh du bureau d’art à Téhéran le 26 mai 2016. Le maestro Ali Mohammadshasi a dirigé les 60 musiciens de cet orchestre symphonique lors de ce concert (source).

Des discussions avec un de ses professeurs de génie industriel, Dr M.A. Shafia, lui font comprendre qu’il peut poursuivre des buts à la fois en musique et en génie en appliquant des procédés de génie industriel à la musique, après ses études de premier cycle.

Rencontre avec M. Dumouchel

À Montréal, Ali rencontre M. Pierre Dumouchel, directeur général de l’ÉTS, pour discuter de son projet de recherche. M. Dumouchel, lui-même ingénieur et musicien, a aussi eu l’occasion de diriger un orchestre. Il invite Ali à poursuivre son projet de recherche à Montréal, à l’ÉTS.

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Projet de maîtrise

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Photo offerte par monsieur Arash Samadzadeh

Ali rencontre également le professeur de génie industriel James Lapalme, qui a aussi étudié la musique au Conservatoire de musique à l’Université de Montréal, pour discuter de son projet de recherche. Le professeur Lapalme s’intéresse au projet d’Ali. Ce dernier est également à la recherche d’un codirecteur de l’École de musique Schulich de l’Université McGill.

Collaborer avec des maestros canadiens?

Ali aimerait avoir l’occasion de travailler avec deux chefs d’orchestre classiques réputés de Montréal :

Si tout se déroule comme prévu, Ali devrait être revenu à Montréal à l’automne 2017 pour commencer sa thèse de maîtrise très spéciale.

Site personnel d’Ali Mohammadshahi

Nous vous invitons à consulter le site personnel d’Ali et son canal Youtube pour obtenir plus d’information sur ce jeune maestro et pour suivre ses carrières en génie et en musique.