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Viser l’équilibre dans un contexte de changements climatiques - Par : Substance,

Viser l’équilibre dans un contexte de changements climatiques


Achetée sur Istockphoto.com. Droit d’auteur.

Les événements hydrologiques extrêmes sont au premier rang des effets potentiels des changements climatiques. Annie Poulin, professeure-chercheuse au Département de génie de la construction, concentre sa recherche sur l’incidence des changements climatiques sur les ressources en eau. Elle dirige le Laboratoire d’hydrologie, climat et changement climatique (HC3) de l’ÉTS, qui se spécialise dans l’étude du cycle de l’eau et de l’impact des changements globaux sur l’hydrologie des bassins versants en milieux naturel et urbain. 

Les travaux de la professeure-chercheuse visent à générer des projections de débit pour l’avenir et à produire ainsi de l’information utile à l’établissement de mesures d’adaptation aux changements climatiques. « Nos modèles hydrologiques sont alimentés par des données de sortie de modèles climatiques couvrant les années 1950 à 2100. Ils permettent, par exemple, d’évaluer les inondations en fonction des conditions récentes, présentes et futures. Nos efforts de recherche visent à développer et à bonifier nos outils. Nous voulons ainsi nous assurer que la science et les résultats qui ressortent des travaux scientifiques puissent remonter la chaîne jusqu’à l’utilisateur et jusqu’aux preneurs de décisions, pour que ceux-ci puissent assurer le bien-être et la sécurité de la population, ainsi que la protection de l’environnement. »

Faible niveau dans une rivière

Si certains sont d’avis que l’étude de l’impact des changements climatiques rime avec déprime, Annie Poulin n’est pas de ceux-là. « Je pense qu’il faut s’adapter au fait que le climat subit des changements et que ça a des impacts ; tout en continuant à changer nos habitudes pour réduire notre empreinte écologique, évidemment », avance-t-elle. Citant Alain Bourque, DG du consortium Ouranos, elle estime qu’il faut réaliser que, même si le Québec réduit considérablement ses émissions de GES au cours des prochaines années, les choses ne reviendront pas comme avant. « Il nous faut trouver un équilibre entre le développement économique et le déséquilibre de nos écosystèmes, et ne pas surexploiter nos ressources, continue la professeure. On ne peut malheureusement pas revenir à l’ère préindustrielle, mais il faut réduire nos émissions. Je suis confiante. On observe de plus en plus un changement des habitudes. Je le vois chez mes enfants. » 

Annie Poulin « nage » dans le domaine de l’hydrologie depuis le début de son baccalauréat en génie géologique à l’Université Laval. Son chemin est jalonné d’heureuses rencontres – on pourrait presque dire un peu comme celui d’Amélie Poulin. Stagiaire à l’INRS dès le début de ses études, elle y est restée jusqu’à l’obtention de son doctorat. Elle est ensuite arrivée à l’ÉTS en même temps qu’un important financement destiné à un projet sur l’incidence des changements climatiques sur les ressources en eau. 

Annie Poulin, professeur au Département de génie de la construction de l’École de technologie supérieure

Annie Poulin, professeur à l’ÉTS

« Si j’avais un conseil à donner aux jeunes chercheurs et chercheuses, ça serait de s’ouvrir aux occasions qui se présentent. J’essaie de transmettre cette capacité d’ouverture à mes étudiants – et à mes enfants ! » Et cette ouverture, elle la pratique. Elle est notamment l’instigatrice d’un projet, en collaboration avec le consortium Ouranos, la Direction de l’expertise hydrique du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec, dans un contexte très différent de celui de notre province, soit au Mexique. Ce projet vise à développer des outils pour les études d’impact et la prise de décision en matière d’adaptation dans des conditions diversifiées.

Son esprit d’équipe et sa volonté de vivre à plein ne datent pas d’hier. Pendant ses études, elle faisait de la compétition de planche à neige de haut niveau au mont Sainte-Anne. « Nous étions la meilleure équipe au Québec, et parmi les meilleures au Canada ! » s’exclame-t-elle. Anne Poulin cultive l’équilibre. Partout.


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