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Urbanloop : le transport individuel de demain - Par : Hanen Hattab,

Urbanloop : le transport individuel de demain


Hanen Hattab
Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels.

L’Urbanloop de l’Université de Lorraine

L’image d’en-tête est utilisée avec la permission de l’Université de Lorraine. Elle est protégée par des droits d’auteur.

De nos jours, l’heure de pointe est problématique dans toutes les métropoles du monde. Les automobilistes sont coincés dans la circulation et les usagers des transports en commun peuvent passer plusieurs minutes debout, entassés les uns contre les autres, après une longue journée de travail. L’idéal serait de marier la fluidité du métro et le confort de la voiture. Voici une solution qui transformera peut-être le paysage urbain du Grand Nancy 2050 (France).

Une équipe composée de laboratoires de recherche et d’écoles d’ingénieurs travaille sur un concept de transport urbain prospectif qui allie les avantages des services de partage et le déplacement individuel. Le projet s’appelle Urbanloop et ambitionne de contribuer au virage durable et intelligent de la métropole du Grand Nancy.

Urbanloop, un transport urbain individuel, sans arrêt et sans correspondance

En 2018, les étudiants de l’École nationale supérieure d’électricité et de mécanique (ENSEM) de Nancy, une école d’ingénieur de l’Université de Lorraine, ont créé un scénario de mobilité urbaine digne d’un film de science-fiction. Des capsules transparentes aux allures de voitures de sport parcourent la ville et surgissent du trottoir pour emprunter de nouveaux tronçons d’un réseau routier à plusieurs niveaux.

Les usagers circulent dans des tubes « qui peuvent être enfouis, semi-enfouis ou aériens en fonction des contraintes urbaines », explique Jean Philippe Mangeot dans une interview. « La grande difficulté, c’est de réussir à faire piloter des milliers de capsules simultanément », a-t-il poursuit.

Boucles imbriquées de l’Urbanloop

Un an après la présentation du projet à la Ville de Nancy dans le cadre de l’exposition Grand Nancy 2050, le rêve a grandi. Une centaine d’étudiants de différents domaines scientifiques et technologiques et des partenaires professionnels collaborent pour réaliser l’Urbanloop, qui mobilise désormais des recherches en intelligence artificielle, en géologie, en énergie et en génie civil.

La plate-forme Web du projet présente notamment un aperçu sur les enjeux socio-économiques et urbains de l’implantation du réseau dans les 37 villes du Grand Est de la France. Le projet peut s’intégrer aux moyens de transport multimodal des grandes agglomérations de cette région grâce à son infrastructure légère et compacte.

Les 145 stations Urbanloop seront réparties sur des boucles de rails interconnectées qui desserviront les 18 communes de la métropole, en assurant notamment le transport des personnes à mobilité réduite. Les capsules électriques sillonneront 70 km de lignes et effectueront 90 000 trajets par jour.

Le temps d’attente à la station figure parmi les problématiques sur lesquelles l’équipe se penche afin d’optimiser le temps total du transport. Pour ce faire, les algorithmes de prédiction utilisés par les chercheurs de Telecom Nancy prennent en considération plusieurs paramètres comme le comportement des usagers, le trajet des capsules vides, etc. L’objectif est d’atteindre un temps d’attente inférieur à la minute. Une fois à bord, la capsule individuelle peut atteindre 80 km/h et arrive à destination sans effectuer d’arrêts ni croiser d’autres moyens de transport. En plus de décongestionner la ville en réduisant le nombre d’automobiles, l’Urbanloop est pensée en fonction de l’efficacité énergétique, tant par la conception des capsules que par l’optimisation des trajets. Le coût énergétique de la capsule est, à ce stade du projet, estimé à 4 centimes/km.

La phase des tests a commencé

Urbanloop’s tube

La première phase du projet a été lancée en construisant une boucle souterraine de 200 mètres, à l’échelle 1, sur laquelle seront effectués des tests de sécurité. Plusieurs États et universités étrangères ont les yeux rivés sur un démonstrateur qui commence à prendre forme sur le Campus universitaire de Brabois. Des étudiants de l’Université de Cincinnati, en Ohio, aux États-Unis, assistent à la deuxième phase après avoir travaillé sur le projet Hyperloop d’Elon Musk. « Je suis venu ici parce que je trouve que ce concept d’Urbanloop est plus pratique et a un fort potentiel d’application », a témoigné un des étudiants américains dans le reportage suivant.

Hanen Hattab

Profil de l'auteur(e)

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels.

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