ACTUALITÉ SCIENTIFIQUE
ET INNOVATION DE L'ÉTS
Une intelligence artificielle sélectionnée pour un prix de littérature - Par : Anouer Kebir,

Une intelligence artificielle sélectionnée pour un prix de littérature


Anouer Kebir
Anouer Kebir est actuellement candidat au doctorat en génie électrique de l’ÉTS. Ses champs d’intérêt portent sur l’optimisation et le contrôle en temps réel de l’énergie et de la bioénergie solaires.
Programme : Génie électrique 

Des chercheurs de Future University Hakodate (Japon) ont conçu une intelligence artificielle (IA) qui a été sélectionnée dans une compétition de littérature. Son roman Le jour où un ordinateur a écrit un roman (Konpyuta ga shosetsu wo kaku hi en japonais) a passé le premier tour de sélection sans que le jury ne reconnaisse la machine derrière l’œuvre.

Après cette grande victoire dans un tournoi de go, le robot ici n’a pas remporté le premier prix au Nikkei Hoshi Shinichi Literary Award, mais il s’y est pour autant distingué. Le concours est ouvert depuis quelques années aux candidats non humains (« programmes d’intelligence artificielle et autres »), mais c’est véritablement la première année que le jury reçoit des œuvres écrites par des IA; sur un total de 1450 propositions, il y en avait 11 écrites par des robots.

Il faut cependant souligner que le niveau de participation humaine pour la préparation de ce roman est relativement important puisqu’il a été estimé à près de 80 %. Les chercheurs japonais ont défini la trame narrative et le genre des personnages et ils ont laissé l’IA sélectionner les phrases et les mots préparés par les humains. L’intelligence artificielle a donc au final rédigé environ 20 % de l’histoire.

Voici un extrait du roman : « Je frémissais de joie, que je ressentais pour la première fois, et je continuais à écrire avec exaltation. Le jour où un ordinateur a écrit un roman. L’ordinateur décida de se concentrer sur la poursuite de sa propre joie et arrêta de travailler pour les humains ».

Satoshi Hase, un romancier de science-fiction japonaise qui faisait partie de la conférence de presse entourant le prix, a commenté : « C’est surprenant! La nouvelle est parfaitement structurée, sans fautes, fluide, mais il reste quelques problèmes, notamment la description des personnages ».

On ne dispose toutefois que de très peu d’informations sur la machine et la manière dont elle a opéré pour arriver à ce résultat. Il n’y a pas encore eu de publication scientifique expliquant le temps qu’il lui a fallu pour rédiger le texte, le type d’apprentissage automatique qui a été utilisé, et si le texte avait été corrigé par des relecteurs humains ou non, etc.

Hitoshi Matsubara, le directeur du projet, a expliqué à la presse japonaise qu’il était en train de travailler sur une méthode permettant à son IA de créer elle-même l’intrigue d’une histoire afin de réduire la part d’intervention humaine. « Jusqu’ici, les programmes d’intelligence artificielle ont souvent été utilisés pour résoudre des problèmes qui avaient des réponses, comme le go et le shōgi. À l’avenir, j’aimerais étendre le potentiel de l’IA afin qu’elle se rapproche plus d’une forme de créativité humaine », conclut-il.

Anouer Kebir

Profil de l'auteur(e)

Anouer Kebir est actuellement candidat au doctorat en génie électrique de l’ÉTS. Ses champs d’intérêt portent sur l’optimisation et le contrôle en temps réel de l’énergie et de la bioénergie solaires.

Programme : Génie électrique 

Laboratoires de recherche : GREPCI – Groupe de recherche en électronique de puissance et commande industrielle 

Profil de l'auteur(e)

Domaines d'expertise :

Intelligence artificielle