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Sauver des arbres en réimprimant le papier jusqu’à 80 fois avec de la lumière - Par : Anouer Kebir,

Sauver des arbres en réimprimant le papier jusqu’à 80 fois avec de la lumière


Anouer Kebir
Anouer Kebir est actuellement candidat au doctorat en génie électrique de l’ÉTS. Ses champs d’intérêt portent sur l’optimisation et le contrôle en temps réel de l’énergie et de la bioénergie solaires.
Programme : Génie électrique 

Les processus de production et d’imprimerie du papier ont un impact négatif sur l’environnement. En fait la production du papier est une source importante de pollution industrielle. Environ 40 % des décharges sont constituées de papiers jetés. De plus, la fabrication du papier est la principale activité responsable de la déforestation : aux États-Unis : environ un tiers de tous les arbres récoltés sont utilisés pour la production de papier et de carton.

Afin de réduire l’utilisation excessive du papier, des chercheurs ont inventé une nouvelle façon de l’imprimer et de le réutiliser en utilisant la lumière et la chaleur [1]. La découverte est basée sur la chimie de changement de couleur des nanoparticules, qui peuvent être appliquées sous forme d’un revêtement mince sur une variété de surfaces y compris le papier ordinaire.

Le revêtement de nanoparticules appliqué sur le papier change de couleur lorsque la lumière ultraviolette (UV) brille sur ce dernier et peut retourner à sa couleur initiale lorsque le revêtement est chauffé à 120 degrés Celsius. L’équipe de chercheurs, provenant de Chine et des États-Unis, affirme que cela permet de réutiliser le papier jusqu’à 80 fois, ce qui est beaucoup plus rentable et respectueux de l’environnement que l’impression à base d’encre.

Deux types de nanoparticules constituent le revêtement :

  • Le bleu de Prusse, un pigment semi-transparent bleu utilisé pour traiter certaines contaminations radioactives ou dans les peintures, qui devient incolore quand il gagne des électrons.
  • Le dioxyde de titane (TiO2), un matériau photocatalytique, qui accélère les réactions chimiques lorsqu’il est exposé à la lumière UV.

Un mélange des deux substances crée un revêtement opaque bleu. Avec un peu de lumière UV, les particules de TiO2 libèrent des électrons, qui rendent le pigment bleu de Prusse incolore.

Comme il est plus facile de lire un texte en bleu sur un fond incolore qu’un texte incolore sur un fond bleu, c’est le fond plutôt que le texte qui est généralement imprimé par la lumière (bien que le papier puisse également être imprimé inversement pour l’affichage d’un texte incolore sur un fond bleu). Différentes couleurs, en plus du bleu, peuvent également être obtenues en utilisant des analogues de bleu de Prusse de différentes couleurs.

Le papier imprimable à la lumière est pratique et parfait lorsque les informations imprimées ne sont utiles que pour une courte période. Il peut être utilisé dans les journaux, les magazines, les affiches et les étiquettes indiquant la durée de vie des produits, entre autres. Une fois imprimé, le papier conserve sa configuration pendant au moins cinq jours avec une résolution élevée (5 μm), puis revient lentement au bleu opaque par oxydation sous conditions ambiantes (voir image plus bas). Pour effacer ce qui est imprimé plus rapidement, le papier peut être chauffé pendant environ 10 minutes, ce qui le ramène à son état bleu solide.

Photos numériques d'un papier imprimé maintenu à l'air ambiant pour (d) 10 min, (e) 1 jour, et (f) 2 jours

Photos numériques d’un papier imprimé maintenu à l’air ambiant pour (d) 10 min, (e) 1 jour, et (f) 2 jours

Puisque le revêtement peut également être appliqué sur du papier normal, les chercheurs s’attendent à ce que la technologie soit assez abordable une fois commercialisée. Cette invention aura un effet direct sur le déboisement et le gaspillage des cartouches à jet d’encre.

Anouer Kebir

Profil de l'auteur(e)

Anouer Kebir est actuellement candidat au doctorat en génie électrique de l’ÉTS. Ses champs d’intérêt portent sur l’optimisation et le contrôle en temps réel de l’énergie et de la bioénergie solaires.

Programme : Génie électrique 

Laboratoires de recherche : GREPCI – Groupe de recherche en électronique de puissance et commande industrielle 

Profil de l'auteur(e)


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