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Révolutionnaire de la radiographie et pionnier du laboratoire vivant - Par : Substance,

Révolutionnaire de la radiographie et pionnier du laboratoire vivant


Images IRM

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Grandir au sein d’une famille composée de deux cardiologues, d’une optométriste, d’une infirmière et d’un enseignant a grandement influencé Jacques de Guise, qui a décidé de consacrer sa carrière au développement de technologies dans le secteur de la santé et à l’édification de l’enseignement et de la recherche dans ce domaine.

Trente-six ans après avoir terminé son doctorat en génie biomédical, le professeur et chercheur de Guise affiche une feuille de route exceptionnelle : avec ses collaborateurs et ses étudiants de l’axe Imagerie et ingénierie, dont il est responsable au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM), il a publié plus de 200 articles scientifiques qui ont été cités à plus de 12 000 reprises par des pairs.

L’interdisciplinarité au service des patients de tous âges

Mais l’élément le plus marquant de sa carrière est d’avoir réuni des chirurgiens et des orthopédistes au sein du Laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie (LIO), qu’il a fondé il y a 25 ans. Au début, Jacques de Guise et ses étudiants « squattent » littéralement les locaux du CRCHUM où vont naître les travaux de ce laboratoire extra-muros de l’ÉTS. 

En partenariat avec les groupes français Arts et Métiers ParisTech et EOS imaging, il a participé à la conception d’un système de radiographie révolutionnaire, qui permet d’obtenir une reconstruction de modèles 3D des os du squelette à partir de deux radiographies à très faible dose de rayons X. 

Cette innovation a fait l’objet de nombreux articles scientifiques, et les brevets qui ont été obtenus font qu’à ce jour, plus de 350 de ces systèmes sont utilisés dans des centres de recherche et des milieux cliniques dans plus de 30 pays. Et ce sont plusieurs millions de patients – surtout des enfants et des adolescents – qui bénéficient de cette technologie dans le suivi de leur pathologie.

Évaluation dynamique du genou, KneeKG

La genougraphie

Les personnes plus âgées qui souffrent d’arthrose et celles qui ont subi des blessures sportives aux genoux ne sont pas non plus en reste. M. de Guise et son équipe de chercheurs ont en effet créé et commercialisé un système de genougraphie appelé KneeKG. Celui-ci permet la modélisation précise en 3D de la cinématique du genou grâce à un harnais de type exosquelette muni de capteurs de mouvement au fémur et au tibia. 

Grâce à leurs partenaires cliniques et industriels, les chercheurs réunis au sein du LIO sont à l’origine de plusieurs autres innovations, dont l’identification de biomarqueurs géométriques et mécaniques qui aident au diagnostic et au traitement de l’appareil locomoteur. 

Le laboratoire vivant : tous pour un et un pour tous!

Jacques de Guise, professeur au Département de génie des systèmes de l’École de technologie supérieure

Jacques de Guise, professeur à l’ÉTS

Toutes ces innovations ont vu le jour grâce à l’apport de l’ensemble des partenaires du LIO, dont les patients eux-mêmes. D’ailleurs, pour Jacques de Guise, qui est l’un des pionniers québécois de l’approche appelée « laboratoire vivant », les patients devraient être systématiquement intégrés dans les projets qui les concernent, au même titre que les autres intervenants.

« Au sein du LIO, les patients-experts sont de plus en plus partie prenante des travaux de recherche et de conception des dispositifs ou des modalités d’intervention, souligne le professeur de Guise. Notre défi consiste à les intégrer à chacune des étapes, parce que ce sont eux qui détiennent le savoir expérientiel de leur état de santé. »

S’il lui reste plusieurs autres réalisations à mener à bien, l’autre grand défi de Jacques de Guise est cependant d’assurer la pérennité du laboratoire qu’il a fondé. « J’ai la chance d’avoir une équipe formidable qui est prête à prendre la relève et je ne suis pas inquiet pour l’avenir », confie-t-il avec assurance.

Et s’il n’envisage pas de quitter ses multiples fonctions à court terme, ce ne sont pas les activités qui manqueront lorsque ce grand voyageur, sportif et amateur d’art passera le relais, qu’il s’agisse d’aller au théâtre ou de bouquiner, de nager, de faire du vélo ou du fat bike en forêt, en hiver comme en été, de randonner sur les sommets asiatiques, pyrénéens et alpins ou encore de s’adonner à la plongée sous-marine dans les pays du sud !

Des réalisations encensées ici et ailleurs

L’excellence qui a marqué jusqu’ici l’ensemble de la carrière de Jacques de Guise lui a valu de nombreux prix et distinctions au fil des ans. 

Parmi ceux qui font sa fierté, mentionnons le Prix d’excellence en recherche et création de l’Université du Québec (volet Leadership), qu’il a reçu en 2020, le Prix d’excellence 2019 du CRCHUM (catégorie Carrière), qui reconnaît la contribution scientifique exceptionnelle d’un chercheur au cours de sa carrière, et, la même année, le doctorat honoris causa que lui a décerné l’Université Claude Bernard Lyon 1, qui a consacré la portée internationale de ses travaux.

 

Principales fonctions :

  • Professeur titulaire en génie des systèmes, École de technologie supérieure (ÉTS)
  • Professeur associé au Département de chirurgie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal (UdeM)
  • Directeur du Laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie (LIO), ÉTS et CRCHUM 
  • Co-directeur du Laboratoire International Associé EVASYM, ÉTS, UdeM, TELUQ, Université Claude Bernard Lyon1, Université Gustave Eiffel
  • Responsable de l’axe Imagerie et Ingénierie, CRCHUM
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