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Rendre la création de jeux vidéo plus agile - Par : Fabio Petrillo,

Rendre la création de jeux vidéo plus agile


Fabio Petrillo
Fabio Petrillo est professeur au Département de génie logiciel et des TI. Il se spécialise en jeux vidéo, qualité et architecture logicielle, processus et pratiques agiles ainsi qu’en débogage.

Achetée sur Gettyimages. Droits d’auteur.

La création de jeux vidéo, derrière son image ludique, comporte de sérieux défis. En effet, en plus de coupler logiciel et art, ce domaine repousse constamment les limites de la technologie. Par exemple, l’amélioration des cartes graphiques des dernières années a été poussée par l’industrie du jeu vidéo et plusieurs défis réseau ont été relevés pour accommoder les jeux multijoueurs, qui nécessitent un temps de latence très bas. La plupart des intervenants du secteur proviennent des domaines de l’infographie ou de l’intelligence artificielle. Peu d’entre eux ont une formation de génie logiciel qui leur permettrait d’avoir une vue d’ensemble du processus de développement de produits. De plus, ce milieu extrêmement compétitif tend à garder précieusement toute information susceptible de lui donner une longueur d’avance, aussi petite soit-elle.

Or plusieurs outils développés en génie logiciel sont transférables aux jeux vidéo, dont les méthodes agiles. C’est sur cette intégration que notre groupe de recherche entend se concentrer. Nous voulons simplifier et aplanir les difficultés inhérentes à la création d’un jeu vidéo.

Tests de qualités

Les tests de qualité sont habituellement effectués tard dans le processus de création et représentent de 25 à 50 % du coût de la main-d’œuvre. Pour réduire la charge de travail, on utilise actuellement des méthodes automatisées, basées sur l’analyse d’images, qui mériteraient d’être améliorées. Nous proposons une autre technique, tirée de l’apprentissage par renforcement, où des agents sont entraînés à jouer à une première version du jeu. Après certains changements menant à une version subséquente, on fait jouer le même agent pour vérifier si des problèmes surviennent. Contrairement à l’analyse d’images, cette méthode analyse les paramètres internes du jeu, soit les scores obtenus et les objectifs de jeu atteints, d’où sa plus grande efficacité.

Techniques de débogage

Comme les bogues ne sont généralement pas circonscrits à un unique endroit, la méthode que nous privilégions est l’exploitation de l’information tirée de séances de débogage collectives, où plusieurs programmeurs travaillent individuellement sur différentes portions du code. Ces approches collaboratives facilitent la tâche des programmeurs en récoltant l’information de façon indépendante pour résoudre les parcours problématiques.

Théories empiriques et modèles qualité

Finalement, une meilleure compréhension des activités de contrôle qualité et de débogage ouvre une fenêtre sur l’exploration de nouveaux modèles qualité et théories pour le jeu vidéo.

Conclusion

L’industrie du jeu vidéo, générant des revenus de plus de 300 milliards par année, occupe une place importante dans le domaine du logiciel. Il est plus que temps d’y intégrer les méthodes agiles ayant fait leurs preuves en génie logiciel, comme le DevOps, afin d’augmenter la qualité des produits et la productivité des équipes de développeurs.

Fabio Petrillo

Profil de l'auteur(e)

Fabio Petrillo est professeur au Département de génie logiciel et des TI. Il se spécialise en jeux vidéo, qualité et architecture logicielle, processus et pratiques agiles ainsi qu’en débogage.

Programme : Génie logiciel  Génie des technologies de l'information 

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