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Quantifier l’impact des humains sur les changements climatiques - Par : Annie Levasseur,

Quantifier l’impact des humains sur les changements climatiques


La Chaire de recherche du Canada en mesure de l’impact des activités humaines sur les changements climatiques a été officiellement lancée le 16 décembre dernier.

Annie Levasseur
Annie Levasseur Profil de l'auteur(e)
Annie Levasseur est professeure au Département de génie de la construction de l’ÉTS. Sa recherche est principalement axée sur l’évaluation des impacts des activités humaines sur les changements climatiques et des mesures d’atténuation.

Glacier qui fond dans la mer

Achetée sur Istock.com. Droits d’auteur.

Les changements climatiques de notre planète sont attribuables à l’activité humaine et à l’augmentation de la concentration des gaz à effets de serre (GES) qui en découle. Plusieurs gouvernements dans le monde, dont le gouvernement du Canada et celui du Québec, se sont engagés à réduire leurs émissions de GES selon certaines cibles.

Des inventaires de différent type sont réalisés chaque année afin de mesurer les progrès et cerner les domaines à privilégier pour atteindre ces cibles. Or ces outils s’avèrent imparfaits, imprécis et ne tiennent pas compte de la résolution spatiale et temporelle.

Une mesure difficile et imprécise

Pour commencer, les inventaires d’émissions de GES nécessitent beaucoup de temps et de ressources à effectuer : ils sont donc publiés avec quelques années de retard. Ils suivent une approche dite bottom-up reposant sur des calculs théoriques, différentes sources de données et de nombreuses hypothèses. En fait, on approxime les émissions en multipliant les données d’activité par des facteurs d’émission pour chacune des sources, puis on les additionne par secteur. Par exemple, pour le transport terrestre, on multiplie généralement la quantité de carburant vendu dans l’année sur le territoire par les émissions de GES attribuables à la combustion d’un litre de carburant. Les résultats obtenus comportent une grande incertitude et ne tiennent aucunement compte de la résolution spatiale et temporelle, ce qui empêche d’identifier les facteurs contribuant le plus aux émissions. Par exemple, toujours pour le transport terrestre, l’inventaire actuel ne permet de pas de savoir quand et où les déplacements ont lieu, avec quel mode de transport, etc. Une meilleure résolution spatiale et temporelle permettrait d’étudier l’effet de différents facteurs sur les émissions, comme l’impact des conditions météorologiques ou du développement de couloirs actifs sur les habitudes de transport. Afin de mesurer l’efficacité des stratégies prévues dans les plans d’action contre les changements climatiques et de déterminer celles ayant les plus grandes retombées à moindre coût, les gouvernements ont besoin d’outils de mesure améliorés qui donnent un aperçu actualisé de l’évolution dans le temps et dans l’espace. Ces outils devraient avoir une précision et une résolution spatiale et temporelle suffisante pour mieux cibler les différentes sources d’émissions.

Pot d’échappement d’une voiture en marche

Les chercheurs de la Chaire de recherche du Canada en mesure de l’impact des activités humaines sur les changements climatiques se proposent de développer un inventaire à haute résolution spatiale et temporelle sur la ville de Montréal, en utilisant une approche améliorée. Les méthodes proposées pourront être étendues à d’autres territoires.

Inventaire précis des GES dans l’espace et dans le temps

La stratégie proposée pour améliorer l’inventaire des GES de Montréal est constituée de trois axes :

Annie Levasseur, professeure au Département de génie de la construction de l’École de technologie supérieure

Annie Levasseur, professeure à l’ÉTS et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en mesure de l’impact des activités humaines sur les changements climatiques

  1. Développer de meilleures combinaisons de données et de modèles afin d’améliorer la précision et la résolution de l’inventaire secteur par secteur.
  2. Intégrer les émissions de méthane, dont certaines sont ignorées pour l’instant, même si elles sont loin d’être négligeables.
  3. Inclure une approche cycle de vie pour considérer les émissions de GES ayant lieu en dehors du territoire à l’étude, comme les émissions liées à la production des carburants et des matériaux.

En plus d’évaluer de façon plus précise les GES, l’inventaire ainsi obtenu tiendra aussi compte des émissions produites ailleurs que sur le territoire évalué, pour éviter les solutions qui au final déplacent les émissions d’un endroit à un autre plutôt que de les diminuer réellement.  

Méthodes pour évaluer les stratégies d’atténuation

Cette chaire visera aussi à créer des outils de modélisation avancés permettant d’évaluer des stratégies d’atténuation des changements climatiques à l’échelle provinciale et nationale. Ces outils seront obtenus par le développement et la combinaison de différents modèles permettant la prise en compte de phénomènes souvent ignorés de par leur complexité, comme les effets de marché pouvant mener à des fuites de carbone vers d’autres secteurs ou territoires ou encore d’autres facteurs influencés par les activités humaines, p. ex. les variations d’albédo engendrées par les changements d’utilisation des terres.

Les résultats de cette recherche contribueront à appuyer les acteurs des différents paliers de gouvernement dans l’élaboration de stratégies optimales d’atténuation des changements climatiques et d’en mesurer l’efficacité.

Annie Levasseur

Profil de l'auteur(e)

Annie Levasseur est professeure au Département de génie de la construction de l’ÉTS. Sa recherche est principalement axée sur l’évaluation des impacts des activités humaines sur les changements climatiques et des mesures d’atténuation.

Programme : Génie de l'environnement 

Chaire de recherche : Chaire de recherche du Canada en mesure de l’impact des activités humaines sur les changements climatiques 

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