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Le professeur qui parlait aux robots - Par : Substance,

Le professeur qui parlait aux robots


Ilian Bonev et un étudiant

L’image appartient à l’ÉTS. Droits d’auteur.

C’est l’amour des mathématiques, et plus précisément de la géométrie et de l’algèbre, qui ont mené le professeur Ilian Bonev à s’intéresser aux robots. Ses recherches visent à leur insuffler la précision et l’intelligence nécessaires à l’accomplissement de tâches complexes.

Depuis 2004, le professeur Ilian Bonev enseigne la robotique industrielle au Département de génie des systèmes à l’ÉTS. Il est également responsable du Laboratoire de commande et de robotique (CoRo), qui fait de la recherche appliquée en robotique, plus précisément en robotique de précision, en robotique parallèle, en cobotique, en mécatronique, et en systèmes haptiques.

« Au début de ma carrière, je m’intéressais plus aux robots parallèles que nous développions de A à Z avec les étudiants », explique le professeur. Toutefois, depuis l’octroi de la Chaire de recherche du Canada en robotique de précision, ses travaux se sont concentrés sur ce domaine.

Poussé par son intérêt pour les applications pratiques en robotique, Ilian Bonev cofonde Mecademic en 2013 avec un diplômé de l’ÉTS. L’entreprise fabrique de petits robots de précision, utilisés par les plus grands fabricants de téléphones intelligents, entre autres.

Rendre les robots intelligents

Cette incursion dans le monde industriel combinée aux cours qu’il donne en robotique industrielle développe encore plus son envie de faire de la recherche appliquée et du développement qui a des applications concrètes. « En étant en contact avec les clients, on voit vraiment ce qui les intéresse, ce dont ils ont besoin. »

Concrètement, environ 80 % des robots industriels utilisés en industrie sont des manipulateurs qui transfèrent des objets dans l’espace ou exécutent des tâches simples. Ces applications sont très simples et ne nécessitent pas de recherche.

C’est sur les 20 % restants des applications, où les robots industriels exécutent des tâches très complexes et poussées, qu’Ilian Bonev et ses équipes se concentrent.

Par l’ajout de composants et de systèmes, tels que des caméras et des logiciels, ils améliorent les robots industriels actuellement utilisés, ou bien les systèmes qui emploient ces robots. « Les robots industriels sont très performants, mais pas intelligents. Concrètement, nous ne modifions pas le robot, nous ne l’améliorons pas. Nous l’analysons plutôt et nous y ajoutons de l’intelligence artificielle. Tout se fait à partir d’un ordinateur, et cela rend le robot offert sur le marché plus efficace. »

Cette utilisation de robots existants pour pousser leurs fonctions encore plus loin est un avantage en matière d’efficacité pour le professeur. « Avant, nous faisions toute la conception. C’était intéressant pour les étudiants, mais coûteux et long. »

De la géométrie à la robotique de précision

Ilian Bonev, professeur au Département de génie des systèmes de l’ÉTS

Ilian Bonev, professeur au Département de génie des systèmes de l’ÉTS

C’est au cours de ses études au collégial dans une école spécialisée en mathématiques, en Bulgarie, qu’Ilian Bonev développe un intérêt pour la géométrie et l’algèbre. Après son bac, il part faire une maîtrise en mécatronique en Corée du Sud, où il travaille sur un projet en robotique parallèle, ce qui exige un savoir-faire en mathématiques et en géométrie.

« La base des connaissances qui me servent le plus de mon travail, je l’ai acquise avant l’université », dit-il en souriant. Il aime toujours autant résoudre des équations géométriques, qu’il compare aux défis que pose un puzzle. « Ce n’est pas du travail! »

Et bien sûr, il adore enseigner, mais comme beaucoup de ses confrères et consœurs, il se passerait volontiers de la correction et de la partie administrative. Il se réjouit de faire partie de l’ÉTS, qu’il apprécie pour son orientation pratique et appliquée.

Un conseil en terminant? « Il est souvent beaucoup plus simple et optimale d’améliorer ce qui existe, plutôt que d’inventer à partir de rien. C’est une bonne façon d’augmenter ses chances de succès. »


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