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Nüvü Camēras : après le bras canadien dans l’espace, l’œil canadien? - Par : Substance,

Nüvü Camēras : après le bras canadien dans l’espace, l’œil canadien?


Image provenant de l’entreprise Nüvü Camēras : elle est protégée par des droits d’auteur.

Nüvü Camēras : le contrôleur CCD à comptage de Photons (CCCPs) répond aux exigences d’un environnement spatial simulé.L’entreprise Nüvü Camēras a réussi à obtenir la cote TRL 5 (selon l’échelle de niveau de maturité technologique, NMT, attribué par la NASA) pour sa première solution d’imagerie EMCCD destinée à un environnement spatial : un dispositif à couplage de charge (CCD) comprenant un registre supplémentaire pour l’amplification des photoélectrons par l’effet d’avalanche.

L’échelle de niveau de maturité technologique (NMT) est un système de mesure à 9 niveaux utilisé pour évaluer la maturité d’une technologie particulière.

Les tests ont démontré́ que la version spatiale du contrôleur CCD à comptage de Photons (CCCPs) répond aux exigences d’un environnement spatial simulé, c’est-à-dire qu’il est capable de fonctionner dans un environnement hostile en dépit du vide et des radiations solaires.

Nüvü Camēras jouera un rôle important dans la contribution canadienne à l’exploration de l’espace, notamment avec l’Agence spatiale canadienne (ASC) et ses partenaires de l’industrie. En 1969, l’ASC a conçu Canadarm, le bras canadien, pour la station spatiale internationale. Aujourd’hui, Nüvü Camēras offre une solution pour un œil canadien.

La technologie des caméras Nüvü

Fondée et établie à Montréal depuis 2010, Nüvü Camēras est la chef de file en matière de produits d’imagerie EMCCD ultrasensibles. L’entreprise conçoit, fabrique et commercialise des caméras destinées notamment à l’exploration spatiale, à la vision nocturne et aux diagnostics médicaux.

Les caméras fonctionnent même lorsque la lumière disponible est extrêmement faible (elle peut voir un photon produisant un pixel), repoussant ainsi les limites de détection.

Le vice-président recherche et développement de Nüvü Camēras, Olivier Daigle est un ingénieur électrique issu de l’École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal. Il a conçu la technologie d’imagerie ultrasensible Nüvü pendant ses études de doctorat en physique à l’Université de Montréal. La conception du premier prototype de cette caméra a nécessité huit années de recherche.

La sensibilité élevée des caméras Nüvü, obtenue à la suite d’une réduction importante du bruit (10 fois moindre que la concurrence), est l’un de ses principaux avantages. Les caméras Nüvü peuvent être utilisées pour de courtes périodes d’exposition ou sous des conditions d’éclairage extrêmement faibles.

Cette entreprise est dirigée par Marie-Eve Ducharme, présidente directrice générale, une ex-étudiante en gestion de l’innovation à l’ÉTS. Les bureaux de Nüvü son situés au Carrefour d’innovation INGO de l’École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal depuis le 15 décembre 2015. Elle bénéficie ainsi de la créativité, des connaissances et des équipements de l’environnement universitaire en génie pour soutenir sa croissance.

Le marché spatial

Nüvü Camēras a élaboré un plan de développement technologique du marché spatial dans le but d’intégrer ses caméras aux futures missions spatiales. La technologie spatiale de Nüvü Camēras est un élément clé pour la détection, la caractérisation et l’imagerie d’exoplanètes, la recherche et la surveillance d’astéroïdes et de débris spatiaux, l’imagerie dans l’ultraviolet, et le suivi de satellites.

La nouvelle caméra EMCCD de Nüvü sera présentée au Canadian SmallSat Symposium du 13 au 15 février 2018 à Toronto.

La technologie EMCCD canadienne est reconnue sur la scène internationale pour sa sensibilité inégalée en imagerie dans des applications terrestres et spatiales.

Caméra Nüvü installée sur le spectromètre du télescope de l’Observatoire du Mont-Mégantic, au Québec, Canada.

Caméra Nüvü installée sur le spectromètre du télescope de l’Observatoire du Mont-Mégantic, Québec, Canada.

Le premier vol des caméras EMCCD spatiales de Nüvü Camēras est planifié pour septembre 2018. Cette caméra sera l’oeil du coronographe de la NASA dans le cadre du projet « High-Contrast Imaging Balloon System (HiCIBaS) », dirigé par le professeur Simon Thibault de l’Université Laval.

Ce projet de démonstration prendra son envol pour la première fois dans un ballon stratosphérique de l’Agence spatiale canadienne, qui atteindra une altitude maximale de 40 kilomètres.

 

Un deuxième vol est planifié pour 2020 en Australie.

Le futur télescope WFIRST

En 2020, la NASA lancera un troisième télescope dans l’espace, le Wide Field Infrared Survey WFIRST, après la mise en orbite des télescopes Hubble en 1990 et James Webb qui, lui, sera lancé en 2019.

WFIRST est muni de deux instruments :

  1. Wide Field, permettant d’explorer un champ de vision du ciel 100 fois plus grand que les images fournies par Hubble.

Le champ de vision du ciel du futur télescope WFIRST que Nüvü Camēras pourra explorer2.  Le coronographe, aidant à détecter et à mesurer les propriétés des planètes d’autres systèmes solaires. Il disposera de deux caméras EMCCD.

L'emplacement des Nüvü Camēras dans le coronographe mis à l'essai avec l'Agence spatial canadienne

Le télescope WFIRST permettra aux astronomes d’avoir une meilleure compréhension des exoplanètes, de l’énergie sombre et de l’astrophysique infrarouge.


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