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Mère monoparentale et doctorante : de l’Équateur à Montréal - Par : Otilia Alejandro,

Mère monoparentale et doctorante : de l’Équateur à Montréal


Otilia Alejandro
Otilia Alejandro Profil de l'auteur(e)
Otilia Alejandro est professeure à la faculté de génie électrique et informatique de l’ESPOL, en Équateur. Elle a obtenu un doctorat en génie logiciel et des TI à l’ÉTS.

Vue de Montréal, la nuit

L’image d’entête a été achetée sur Istock.com. Des droits d’auteur la protègent.

J’ai commencé mon doctorat à l’ÉTS en 2010. J’ai reçu mon diplôme en 2016, très heureuse et satisfaite du travail accompli et d’avoir pu tirer autant de cette expérience incroyable. J’étais mère célibataire quand j’ai commencé mon doctorat : j’avais une fille de six ans. À Montréal, tout était différent de mon pays, l’Équateur : la température (super froide au lieu de tropicale), les gens, les écoles maternelles et les gardiennes; j’ai dû m’habituer à toutes ces nouvelles réalités. Ce séjour m’a apporté deux cadeaux : l’éducation à l’école Santa Monica de Montréal, si inspirante que ma fille a pris goût à la science et veut maintenant étudier la médecine et, en deuxième lieu, l’incroyable chance d’avoir pu rencontrer autant de personnes intéressantes pendant mon cheminement au doctorat. Ce niveau d’énergie et de créativité a produit des changements importants dans ma vie professionnelle et dans mes attentes personnelles. J’ai découvert que les limites que je m’imposais n’étaient pas réalistes; j’ai appris à me faire confiance et à me dépasser plus que jamais auparavant.

De l’ESPOL à l’ÉTS

Ce cheminement a débuté avec les activités de recrutement étudiant de l’ÉTS en Équateur. Des professionnels de l’ÉTS ont visité ESPOL à plusieurs reprises et ont montré les recherches effectuées à leur école par d’autres doctorants, hommes et femmes de tous âges et nationalités, certains célibataires, d’autres mariés. Sylvie Ratté et Pierre Bourque, du Département des technologies de l’information, et Estefania Fuentes du Bureau des relations internationales à l’ÉTS, ont grandement influencé ma décision de m’inscrire au programme de doctorat de l’ÉTS.

Ce séjour m’a aidée à comprendre la culture montréalaise, le concept de liberté, la coexistence avec d’autres sexes et nationalités — hindouiste, chinoise, latino-américaine, allemande, iranienne, musulmane, canadienne — et la communauté LGBTI. J’ai compris que l’école était un pôle neutre où tout le monde devait respecter l’espace personnel des autres.

Étudiants du laboratoire LiNCS en compagnie de Sylvie Ratté

Pendant mon doctorat, j’ai appris à affronter le stress et l’anxiété en faisant du sport. J’ai commencé à faire du jogging et des sports acrobatiques pour me tenir occupée pendant mes temps libres. Le Centre sportif de l’ÉTS, très proche des résidences, m’a aidée, surtout en hiver à cause du froid et de la neige. De plus, la cafétéria et les aires de repas de l’ÉTS offrent des aliments santé.

Le laboratoire LiNCS : beaucoup plus que de la recherche

J’ai eu la chance de faire mon doctorat au sein du groupe de recherche LiNCS, le Laboratoire en ingénierie cognitive et sémantique, avec les professeurs Sylvie Ratté, Luc Duong et Christian Desrosiers. C’était un laboratoire très actif à tous points de vue. Nous avons participé à des activités spéciales appelées Let’s talk, Let’s get public et Let’s be ethical. Ces séances m’ont aidée à apprendre les meilleures pratiques pour parler, écrire et publier mes recherches. Mes souvenirs les plus chers viennent des jours Let’s write : pas de cellulaire ou autres distractions; nous étions seulement autorisés à aller aux toilettes ! Nous avions du café, de la nourriture, un éclairage et une température ambiante adéquats, et quelqu’un évaluait notre temps et notre productivité en écriture. Bien que ces restrictions semblent un peu lourdes, c’était très amusant. L’expérience nous a appris à nous entourer des meilleures conditions pour stimuler notre créativité. Nous présentions constamment nos progrès, et le groupe apportait de nouvelles idées à chaque projet de recherche. Nous nous sommes formés à lire le travail des autres et à fournir des commentaires utiles.

Nous avions aussi quelques moments de répit : anniversaires, Halloween, fêtes d’adieux, séances photo et journées champêtres. Chaque année, des professeurs nous emmenaient à la cabane à sucre, où nous avons pu visiter le Mont Saint-Grégoire et les Laurentides. Nous avons fait des pique-niques dans d’autres endroits comme le Mont Saint-Hilaire, le parc des Rapides de Lachine et le Mont Tremblant (eh oui, pour faire du camping !). Il y avait beaucoup de camaraderie. Nous avons même joué au volleyball sur des terrains de sable intérieurs, où j’ai rencontré d’autres gens de l’ÉTS et de Concordia. J’ai aussi participé à la « Journée de la diversité culturelle » où toutes les communautés présentaient leur pays lors d’une grande foire à l’ÉTS.

Étudiants du laboratoire LiNCS en compagnie de Sylvie Ratté

La qualité d’enseignement de ma directrice, Sylvie Ratté, m’a beaucoup aidée. Sur son conseil, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes dans mon domaine de recherche et de participer à quelques conférences où j’ai présenté mes progrès et publié mon premier article chez Springer. Cette femme est impressionnante, forte et professionnelle.

La vie à Montréal

L’emplacement de l’ÉTS et des résidences était parfait pour moi, surtout pendant ces longues journées de travail qui commencent à 8 h et se terminent à 3 h du matin… Eh oui, ça arrive…

Les résidences de l’ÉTS étaient très confortables et, grâce à mes trois colocataires, j’ai vécu des moments inoubliables. J’ai appris beaucoup sur les Québécois, mais aussi sur les hindous, les Chinois et les Mexicains. Pendant les froides nuits d’hiver, ces personnes m’ont appris des jeux, à apprécier leur nourriture et à comprendre leur culture. Nous avions des soirées « bière », des matchs de hockey et des fêtes de colocataires.

Les activités gratuites étaient très faciles à trouver : promenade sur la rue Sainte-Catherine, Festival international de jazz, expositions d’artisanat, Fête des neiges, Journée des musées, hockey des Canadiens de Montréal, Grand Prix de Formule 1 et Nuit blanche.

Étudiants du laboratoire LiNCS en compagnie de Sylvie Ratté, Luc Duong et Christian Desrosiers

Plus important encore, j’ai appris à ne pas me renfermer, pensant que je devais seulement me concentrer sur des activités reliées à ma recherche. Ma directrice m’a toujours encouragée à participer à des activités qui pourraient déclencher ma créativité. C’est ainsi que je me suis découvert un talent en photographie. J’ai même reçu une bourse d’études à l’Université Concordia qui m’a permis d’obtenir un diplôme en photographie.

Cela décrit mon passage aux études de doctorat. La situation géographique, l’interculturalité et la sécurité offertes par Montréal font de l’ÉTS l’un des meilleurs endroits pour étudier et vivre l’expérience montréalaise. Les amis que je m’y suis faits le resteront pour la vie et ils deviendront des collègues que je me réjouis d’avance de rencontrer lors des conférences auxquelles je participerai. Je remercie toutes les personnes qui ont participé à ma formation doctorale, ma directrice, mes amis du laboratoire LiNCS et mes amis de l’extérieur; ils sont tous près de mon cœur.

Otilia Alejandro

Profil de l'auteur(e)

Otilia Alejandro est professeure à la faculté de génie électrique et informatique de l’ESPOL, en Équateur. Elle a obtenu un doctorat en génie logiciel et des TI à l’ÉTS.

Programme : Génie logiciel  Génie des technologies de l'information 

Laboratoires de recherche : LiNCS – Laboratoire en ingénierie cognitive et sémantique 

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