ACTUALITÉ SCIENTIFIQUE
ET INNOVATION DE L'ÉTS
L’internet des objets : une solution pour la salubrité alimentaire - Par : Hanen Hattab,

L’internet des objets : une solution pour la salubrité alimentaire


Hanen Hattab
Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels.

Salubrité alimentaire

Image provenant du site Pixabay : licence CC, source.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, « les maladies diarrhéiques sont les affections les plus courantes résultant de la consommation d’aliments contaminés : elles touchent 550 millions de personnes et font 230 000 morts par an. » Malgré les précautions prises par les consommateurs, des risques de contamination par des organismes invisibles à l’œil nu subsistent. De plus, l’évaluation de la salubrité des aliments par un examen microscopique n’est habituellement effectuée que par des professionnels; dans des situations d’urgence sanitaire ou des cas d’hypersensibilité, il est difficile de juger de la qualité de la nourriture.

Or, sous peu, il sera possible de faire un examen alimentaire microscopique n’importe où.

En effet, des chercheurs de l’Université du Massachusetts à Amherst (UMass) ont créé une solution rapide et économique pour détecter des bactéries dans des aliments et des boissons.

Deux petits accessoires, un téléphone et le tour est joué

Après avoir remarqué l’attrait croissant des Américains pour la consommation de crudités, un groupe de chercheurs dirigé par Lili He, chargé de cours au Department of Food Science de l’UMass, a conçu un système qui détecte les microbes et qui peut être utilisé partout dans le monde.

Le système créé comporte une puce baptisée UMass Amherst chip, un microscope optique relié à une tablette ou à un téléphone intelligent dans lequel une application est installée afin de visualiser les bactéries. Pour détecter la salmonelle ou la listeria par exemple, il faut suivre les étapes suivantes :

  1. Rincer l’aliment avec de l’eau propre
  2. Récupérer l’eau de rinçage dans un récipient au fond duquel se trouve la puce
  3. Prendre la puce en photo avec le microscope

Comme le montre cette vidéo, l’application permet d’afficher les bactéries sous forme de points.

Cette application a été réalisée par un étudiant de l’école secondaire d’été du laboratoire de science alimentaire de la professeure He. Le système en est encore à la phase de développement.

Lili He fait remarquer que la détection des bactéries par les moyens existants, comme la numération microbienne aérobie, peut prendre deux jours, alors qu’avec cette technologie, les résultats sont connus en moins de deux heures. De plus, la méthode de cette équipe permet de détecter une concentration aussi faible qu’une centaine de cellules bactériennes par millilitre. Lili He a souligné que, bien que d’autres méthodes plus rapides existent, elles ne sont pas aussi sensibles ni fiables parce qu’il peut y avoir des interférences entre les ingrédients de la nourriture.

Phase de validation

Dans la dernière étude de cette recherche intitulée « Rationalizing and Advancing the 3-MPBA SERS Sandwich Assay for Rapid Detection of Bacteria in Environmental and Food Matrices », les chercheurs ont testé le système dans des matrices environnementales et alimentaires réelles. Les tests ont permis de détecter des bactéries dans une eau de mare, un jus de pomme et des feuilles d’épinard. L’étude paraîtra dans la revue Food Microbiology en juin 2018.

La détection est basée sur deux fonctions :

  1. Fonction chimique de la puce : un composé d’acide 3-mercaptophénylboronique (3-MBPA) attire et se lie seulement aux bactéries. En évitant les graisses, les protéines et les sucres présents dans les aliments et la saleté, cette fonction permet de distinguer les bactéries lors de la visualisation.
  2. Fonction optique du microscope : le principe utilisé, la diffusion Raman exaltée de surface (surface-enhanced Raman spectroscopy, SERS), permet la visualisation des bactéries.

 

La fonction optique a été adaptée aux mini-microscopes connectables aux téléphones intelligents du commerce.
Ce travail a été soutenu par l’Institut national pour l’alimentation et l’agriculture du Département de l’agriculture des États-Unis. Il est aussi financé par le projet « Research that Matters » du Centre pour l’alimentation, l’agriculture et l’environnement d’UMass Amherst.

Hanen Hattab

Profil de l'auteur(e)

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels.

Profil de l'auteur(e)


commentaires

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *