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L’Internet des objets : opportunités et risques - Par : François Coallier,

L’Internet des objets : opportunités et risques


François Coallier
François Coallier Profil de l'auteur(e)
François Coallier est professeur au département de génie logiciel et des technologies de l’information de l’ÉTS. Il a occupé le poste de directeur de ce département de génie de sa création, en 2004, jusqu’en 2010.

Dans le cadre des Soirées des cycles supérieurs de l’École de technologie supérieure (ÉTS) de Montréal, M. François Coallier, professeur et directeur du développement et du support technologique, a donné le 23 février dernier une conférence au cours de laquelle il a présenté les concepts de l’Internet des objets et le contexte de son développement pour terminer par les risques associés à cette technologie et la façon dont ces risques peuvent être mitigés. L’Internet des objets (IoT) [1]est un ensemble de technologies qui nous touche déjà même si elles sont encore en plein développement. L’IoT permet non seulement de donner un nouvel essor à la domotique, mais est aussi une des technologies qui permettra, par exemple, de rendre les villes plus « intelligentes » et notre système de santé plus performant. Par contre, toute technologie vient aussi avec ses risques.

 

Contexte général des Technologies de l’information (TI) et de l’Internet des objets

La technologie, y compris les technologies de l’information, a toujours accompagné l’évolution de l’espèce humaine.

Évolution des outils technologiques dans le temps

Gordon Earle Moore, chimiste et entrepreneur américain (cofondateur d’Intel) formule en 1965 la loi de Moore qui veut que le nombre de transistors intégrés dans les circuits intégrés en silicium double tous les 2 ans. Nous approchons maintenant de la fin de la loi de Moore car, entre autres, les circuits deviendront tellement petits que les effets « quantiques » interférerons avec leur fonctionnement.

Loi de Moore

Dans les années 60 apparaissent les premiers systèmes embarqués officiels, puis arriva le concept d’ubiquité informatique dans les années 80, signifiant que l’informatique s’insère peu à peu dans tous les aspects de la vie (économie, infrastructures, objets) pour arriver à l’ère de l’infonuagique, où un système de serveurs reliés par un réseau permet aux utilisateurs de partager et utiliser à distance diverses ressources informatiques comme des fichiers, des logiciels, des capacités de calcul et de la mémoire.

 

Qu’est-ce que l’Internet des objets?

 C’est l’ère présente dans laquelle les objets sont à la fois intelligents et interconnectés.

 

L'internet des objets

L’interconnectivité des objets engendre un nombre exponentiel de données générées, le Big Data, qui représente déjà un enjeu considérable en matière de stockage et de traitement. En 2020, on prévoit plus de 50 milliards d’objets connectés dans des domaines aussi divers que les communications fixes et mobiles, l’informatique, l’automobile, l’électronique consommateur (contrôle de lumières à distance, systèmes d’alarmes, etc.), les appareils médicaux et les dispositifs industriels.

 

Libelium Smart World

 

On parle d’intelligence ambiante pour décrire un milieu ayant la faculté de percevoir, de raisonner, d’agir et d’interagir afin de fournir des services améliorant la qualité de vie des êtres vivants et notamment des personnes [2].On pense ici par exemple à une application déclenchant les luminaires d’une maison dès lors que votre véhicule se trouve à moins d’un kilomètre de votre maison, ou encore d’un thermostat qui s’ajuste automatiquement et de manière intelligente à vos habitudes de vie.

 

Les défis de l’Internet des objets

Le premier défi de l’Internet des objets est l’interconnectivité en tant que telle qui induit une normalisation et une architecture commune, ainsi que la capacité à bâtir et entretenir des systèmes de systèmes très complexes qui évoluent constamment avec des sous-systèmes qui eux se développent à des vitesses différentes. Les organismes ISO et IEC ont pour cela formé un groupe de travail qui a rendu en 2014 un rapport destiné à construire une architecture de référence. Les risques associés aux TI sont connus depuis longtemps; on pense par exemple au potentiel de piratage d’une caméra personnelle chez soi, d’un stimulateur cardiaque, d’une usine, d’une voiture intelligente, etc. En 2007, des chercheurs de l’Idaho National Laboratory ont procédé à l’expérimentation Aurora Generator Test pour valider les effets d’une cyberattaque sur un réseau électrique. Un nombre croissant de cas qui prouvent l’urgence de prévenir et de maîtriser ces risques : il faut considérer les objets intelligents et le système dans lequel se trouvent ces objets.

 

Comment gérer les risques de l’Internet des objets?

 

How to Build a Safer Internet of Things IEEE Spectrum

Source : http://spectrum.ieee.org/telecom/security/how-to-build-a-safer-internet-of-things?

Quelques principes de base en sécurité informatique :

  • La loi de Pareto du 80/20 s’applique
  • Construire l’architecture de son réseau avec une approche holistique, c’est-à-dire globale et à tous les niveaux, basée sur des spécifications et des besoins, dont la sécurité
  • Segmenter son réseau
  • Éviter toute négligence en mettant en place des politiques et procédures
  • Surveiller son environnement et mettre en place des capteurs et un système analytique

Pour conclure, l’Internet des objets est un système complexe intelligent qui entraîne des bouleversements économiques et sociétaux majeurs. Sa caractéristique d’interconnectivité – étant à la fois sa plus grande force et sa plus grande faiblesse – pose la problématique de la sécurité et du maintien de la confidentialité des données qu’elle génère. Un défi de taille pour l’industrie informatique de demain.

Vous pouvez consulter en tout temps la présentation de la conférence ici.

 

 

François Coallier

Profil de l'auteur(e)

François Coallier est professeur au département de génie logiciel et des technologies de l’information de l’ÉTS. Il a occupé le poste de directeur de ce département de génie de sa création, en 2004, jusqu’en 2010.

Programme : Génie logiciel  Génie des technologies de l'information 

Laboratoires de recherche : LASI – Laboratoire en architecture de systèmes informatiques 

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