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L’International Space University (ISU), une école, une université, un institut… De quoi s’agit-il? - Par : Éric Doré,

L’International Space University (ISU), une école, une université, un institut… De quoi s’agit-il?


Éric Doré
Éric Doré est Directeur du Service aux étudiants de l’École polytechnique de Montréal. Il a été gestionnaire du Bureau du recrutement étudiant et de la mobilité internationale de l’ÉTS de 2010 à 2016.

Photo from ISU: copyright.

Croyez-moi, je me suis posé la même question en 1997 avant de faire des études de Master dans cette université. Laissez-moi vous donner quelques pistes qui vous aideront à mieux comprendre comment cet établissement a vu le jour et pourquoi son université d’été aboutira à Montréal, Québec, Canada en juin 2014 où l’École de technologie supérieure (ÉTS) et HEC Montréal l’accueilleront.

L’ISU est synonyme d’audace puisque ses trois fondateurs, deux Américains, Peter H. Diamandis et Todd B. Hawley, et un Canadien, Robert D. Richards, ont réussi, lors d’une rencontre aux États-Unis en 1986 à laquelle étaient conviés plusieurs dirigeants d’agences spatiales nationales  et personnalités connues, à convaincre des individus  comme l’écrivain Arthur C. Clark et l’astronaute Harrison Schmitt de la mission Apollo 17 à fonder une université interdisciplinaire, interculturelle et internationale.

Les fondateurs de l’ISU en 1986. À partir de la droite : Todd B. Hawley, Robert D. Richards et Peter Diamandis. Source [Img1]

Les fondateurs de l’ISU en 1986. À partir de la droite : Todd B. Hawley, Robert D. Richards et Peter Diamandis. Source [Img1]

Certaines personnes présentes à cette rencontre vous diront combien ces trois jeunes de moins de 30 ans à l’époque avaient du courage pour oser convoquer de telles personnalités. D’ailleurs, certaines ne sont pas restées jusqu’à la fin de la rencontre, offensées par l’idée qu’on les avait mobilisées pour une telle absurdité. Des femmes et des hommes y ont cependant cru et l’année suivante, ils firent le voyage au M.I.T. à Boston pour une rencontre de trois jours, du 10 au 12 avril 1987, qui aboutira à la création officielle de l’International Space University (ISU), coïncidant ainsi avec la date du premier vol habité dans l’espace, un exploit réalisé le 12 avril 1961 par le cosmonaute russe Yuri Gagarin. Cette rencontre de travail a également donné naissance au concept du premier programme académique de l’Université, le « Summer Session Program » (SSP) dont la première édition fut lancée l’année suivante au M.I.T du 20 juin au 20 août 1988 grâce au soutien financier des agences spatiales nationales et des industriels du secteur spatial à travers le monde. Le SSP, maintenant rebaptisé le « Space Studies Program » (Programme d’études spatiales) en sera à sa 27e édition lors de son passage à Montréal en 2014.

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L’ISU est officiellement enregistrée dans l’état du Massachusetts en tant qu’établissement d’enseignement supérieur à but non lucratif. Son conseil d’administration décide en 1992 de lancer un appel d’offres mondial pour trouver le site de son futur campus central, ceci dans le but de rehausser le caractère international de ses futures formations et de démarrer son premier programme de Master. En 1994, la ville de Strasbourg en France est officiellement retenue et en septembre 1996, la première cohorte d’étudiants au nouveau programme de « Master of Space Studies » (MSS) est accueillie dans ses nouveaux locaux.

Les locaux de l’ISU situés à Strasbourg, France. Source [Img3]

Les locaux de l’ISU situés à Strasbourg, France. Source [Img3]

La ville de Montréal, avec la collaboration de l’Agence spatiale canadienne et les industriels du domaine avaient, à l’époque, répondu à cette appel d’offres mais elle n’avait pas été retenue. Avec le démarrage de son deuxième programme après le SSP, l’ISU développera des alliances avec plus de 12 universités partenaires à travers le monde qui deviendront plus tard des « campus affiliés » assurant ainsi les activités de recherche dans les 7 disciplines enseignées à l’ISU : l’espace et la société, l’ingénierie aérospatiale, l’astrophysique, le droit spatial, la politique spatiale, les applications spatiales, les sciences de la vie, la gestion et le financement des projets spatiaux. En 1990, Montréal tentera à nouveau sa chance en se proposant comme ville hôte pour le « Summer Session Program ». Manque de chance, Toronto se présente la même année et remporte la palme. Montréal vivra alors son deuxième échec mais ne perdra pas espoir.

Au fil des ans, l’ISU n’a cessé d’adapter son offre de formations afin de répondre aux besoins du milieu sans pour autant oublier sa raison d’être, celle de constituer un établissement d’avant-garde proposant des formations à caractère International, Interdisciplinaire et Interculturel (3I). Ses 3 700 diplômés en provenance de plus de 100 pays sont maintenant des ambassadeurs, formant ainsi un réseau au sein des communautés spatiales politique et industrielle. Depuis la fin de la guerre froide, le secteur de l’aérospatial a vu le financement de ses projets changer vers des partenariats de plus en plus fréquents entre le public et le privé, voire des applications spatiales avec des usages civil et militaire. Bientôt, nous verrons les premiers vols suborbitaux commerciaux et nous avons déjà connu quelques touristes spatiaux qui ont financé certains lancements de fusées. Que nous réserve l’avenir dans ce secteur? L’ISU est souvent une plateforme d’idéation d’où émergent des projets qui peuvent paraître extravagants mais qui, dans certains cas, ont vu le jour. Cette caractéristique consistant à rassembler des individus de toutes disciplines et d’origines diversifiées dans un même programme a fait ses preuves et est responsable du succès de cette université qui aujourd’hui compte 5 programmes dont un Executive MBA et de la formation continue. Il est temps que Montréal soit la ville hôte du SSP. Surtout qu’à la suite de Toronto en 1990, Vancouver s’est vue décerner le titre de ville hôte pour le SSP 2005. HEC Montréal et ÉTS sont fières de piloter ce projet qui apportera beaucoup à nos deux institutions, à la ville, aux établissements d’enseignement supérieur ainsi qu’au tissu industriel du domaine de l’aérospatial.

Pays d’origine des 3700 diplômés de l’ISU. Source [Img4]

Pays d’origine des 3700 diplômés de l’ISU. Source [Img4]

Moi-même diplômé de cette université, je vous encourage à vivre l’expérience ISU. Bien que j’aie reçu mon diplôme de Master en 99, je suis toujours en contact avec les étudiants de ma promotion répartie sur l’ensemble du globe. Je suis fier de dire que je suis un « ISU Alumni ». Embarquez dans l’aventure… Ça vaut le coup!

[highlight]Découvrez la présentation de Lucy Stojak, qui a présenté l’ISU lors de la dernière édition des Soirées des Cycles Supérieurs à l’ÉTS, le 18 septembre dernier.[/highlight]

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Éric Doré

Profil de l'auteur(e)

Éric Doré est Directeur du Service aux étudiants de l’École polytechnique de Montréal. Il a été gestionnaire du Bureau du recrutement étudiant et de la mobilité internationale de l’ÉTS de 2010 à 2016.

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