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Libre accès aux publications scientifiques à l’Université du Québec - Par : Marie Stewart, Valérie Levasseur, Jean Daniel Bourgault,

Libre accès aux publications scientifiques à l’Université du Québec


Marie Stewart
Marie Stewart est bibliothécaire à l’ÉTS et chargée des communications du Service de la bibliothèque. Elle participe au développement d’Espace ÉTS, et aux services liés au respect du droit d’auteur et au libre accès à la recherche.

Valérie Levasseur
Valérie Levasseur Profil de l'auteur(e)
Valérie Levasseur est conseillère en information documentaire pour les sciences fondamentales et responsable du dépôt institutionnel Constellation à la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). 

Jean Daniel Bourgault
Jean Daniel Bourgault Profil de l'auteur(e)
Jean-Daniel Bourgault est bibliothécaire au Service de documentation et d'informations spécialisées de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Image d’entête :   Image de l’European Southern Observatory : licence CC. Source

Logo du libre accès (open access). Source [Img1].

Logo du libre accès (open access). Source [Img1].

La 6e semaine du libre accès se tenait cette année du 21 au 27 octobre 2013. Parmi les acteurs impliqués, on retrouve les bibliothèques du réseau de l’Université du Québec.

L’idée qui sous-tend le mouvement du libre accès est de rendre accessible gratuitement sur Internet, les résultats publiés de la recherche scientifique, en permettant aux utilisateurs quels qu’ils soient de lire, télécharger et distribuer les publications, en indiquant bien entendu toujours la source.

L’objectif et l’avantage du mouvement pour les auteurs, c’est-à-dire les chercheurs qui publient, est  de maximiser l’impact potentiel de leur publication puisqu’elle est directement accessible à un plus grand nombre d’utilisateurs. Par ailleurs, l’avantage pour les utilisateurs est d’avoir accès à un éventail plus large de recherches comparativement à ce qu’ils peuvent se payer par abonnement. Et finalement, pour les gestionnaires, le libre accès à la recherche scientifique permet de mettre un frein à l’illogisme voulant que les résultats de la recherche scientifique habituellement financée par les fonds publics soient donnés à l’entreprise privée (les éditeurs commerciaux) et rachetés à fort prix via les coûts d’abonnement, toujours à même les fonds publics. Dans ce modèle commercial, les résultats de la recherche sont donc payés deux fois, alors même qu’une grande partie du travail éditorial est en fait réalisé par des chercheurs dont les salaires proviennent très souvent, encore une fois, des fonds publics. Le mouvement pour le libre accès sert donc à mettre en lumière cette absurdité et proposer un autre modèle de partage de la recherche.

Source [Img3].

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Le mouvement a désormais pris une telle ampleur que selon une étude récente, la proportion d’articles publiés en Europe, au Brésil, au Canada, au Japon, et aux États-Unis entre 2004 et 2011 dans des revues avec comité de lecture (peer review) et maintenant disponibles en accès libre sur Internet était de 40%. Dans certaines disciplines, la proportion était au-delà de 50%.

Il existe deux approches au libre accès des publications scientifiques: la voie dorée et la voie verte. La voie verte consiste à favoriser l’autoarchivage de copies d’articles et autres publications (présentation dans le cadre de conférences, rapports, etc.) dans des dépôts institutionnels, voire personnels. La plupart des éditeurs, même commerciaux (Elsevier, Springer, etc.), acceptent que les versions pré-publication et/ou postpublication des articles acceptés par leurs revues soient ainsi déposés et offerts en libre accès. Cette approche suscite de plus l’intérêt d’un nombre appréciable d’universités car elle ajoute à la mise en valeur de l’expertise des chercheurs et à la richesse du contenu offert sur les sites Web de l’institution.

Source [Img5].

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La deuxième approche cherche plutôt à transformer des revues scientifiques existantes en revues en libre accès, par le biais de l’ouverture des archives sinon du contenu récent, ou à créer carrément de nouvelles revues, comme PLoS. C’est l’approche dite dorée. Certaines revues commerciales sont désormais hybrides et offrent le libre accès sous certaines conditions, à savoir le déboursé d’une compensation par l’auteur, une somme parfois assez juteuse. Par contre, certains éditeurs sont très réticents à ce changement pour des raisons de stratégie commerciale. De son côté, la création de nouvelles revues est freinée, entre autres, par l’inquiétude des auteurs à publier dans une revue peu (ou pas encore) connue, ce qui donne l’impression de diminuer la valeur de leurs travaux. À ceci vient se greffer le phénomène émergent des éditeurs prédateurs qui cherchent à capitaliser sur la naïveté ou l’ambition de certains auteurs. Éditeurs dont les activités relèvent trop souvent de la fraude intellectuelle, ou du moins d’une éthique très douteuse.

Un des avantages de la première approche (voie verte) est que la valeur des revues (facteur d’impact, visibilité, etc.), un élément majeur pour les auteurs dans le cadre de leur avancement de carrière, n’est pas ici en jeu et qu’il n’y a pas de coûts supplémentaires. Cette approche constitue donc pour les auteurs, un excellent moyen, complémentaire à ceux plus traditionnels, pour augmenter la visibilité de leurs résultats de recherche.

C’est dans cette foulée que les bibliothèques de l’Université du Québec ont déployé des outils pour soutenir et encourager le libre accès en appuyant les professeurs dans la diffusion des résultats de leurs recherches. Toutes les constituantes du réseau UQ ont travaillé à mettre en place leur propre dépôt institutionnel dont le développement, comme beaucoup de projets des bibliothèques, est le fruit d’une collaboration importante entre constituantes.

Plusieurs de ces dépôts sont encore dans leur première phase et ne contiennent pour le moment que des thèses et mémoires mais le mouvement est lancé.

Source [Img4].

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Liens utilesDépôts institutionnels du Réseau des Universités du Québec »]Archipel – UQAMConstellation – UQACDepositum – UQATDépôt institutionnel – UQODépôt-e – UQTREspace ÉTS – ETSEspace  – INRSSémaphore – UQAR 

Marie Stewart

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Marie Stewart est bibliothécaire à l’ÉTS et chargée des communications du Service de la bibliothèque. Elle participe au développement d’Espace ÉTS, et aux services liés au respect du droit d’auteur et au libre accès à la recherche.

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Valérie Levasseur

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Valérie Levasseur est conseillère en information documentaire pour les sciences fondamentales et responsable du dépôt institutionnel Constellation à la Bibliothèque Paul-Émile-Boulet de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). 

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Jean Daniel Bourgault

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Jean-Daniel Bourgault est bibliothécaire au Service de documentation et d'informations spécialisées de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

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