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Le 1er bioplastique à la fois 100% biodégradable et fertilisant naturel - Par : Substance,

Le 1er bioplastique à la fois 100% biodégradable et fertilisant naturel


Quatre cent cinquante ans, c’est le nombre d’années qu’un sac en plastique composé de polyéthylène d’origine pétrolière a besoin pour se décomposer dans la nature! Chaque année, près de 8,8 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans et menacent la vie marine, selon une étude de Jenna Jambeck, professeure en génie de l’environnement à l’Université de Géorgie, États-Unis. Alors, pourquoi utilisons-nous encore ce type de plastique?

Des chercheurs de l’Institut Wyss de Harvard se sont penchés sur la question et ont présenté le premier plastique 100% biodégradable fabriqué à partir de crevettes, capable en plus de générer un engrais naturel.

Ces chercheurs proposent d’utiliser les carapaces de crevettes, plus précisément le chitosane, une forme de chitine, la deuxième matière organique la plus abondante sur Terre, comme substitut au plastique. Le chitosane forme les carapaces des insectes et crustacés ainsi que les ailes des papillons. Il a été originalement combiné avec une protéine de fibroïne de soie pour former une nouvelle substance surnommée « Shrilk », une  contraction des termes anglais « shrimp » (crevette) et « silk » (soie). Cette substance est ensuite enduite de cire d’abeille afin de rendre ce nouveau plastique imperméable.

Harvard's Wyss Institute:Turning shrimp shells into plastic

Institut Wyss de Harvard

Pour produire ce bioplastique, il convient d’utiliser les « déchets » des producteurs de crevettes comme matière première. Il faut par exemple 200 grammes de carapaces de crevettes, c’est-à-dire une poignée, pour produire un verre.

Le directeur de l’institut, Donald E. Ingber a déclaré : « Notre procédé de fabrication évolutif montre que le chitosane, qui est facilement disponible et peu coûteux, peut servir de bioplastique viable et pourrait être utilisé à la place des plastiques conventionnels pour de nombreuses applications industrielles ».

Les chercheurs ont aussi mis en avant la résistance de ce matériau durable, transparent et renouvelable. Il serait possible de fabriquer des télévisions, des téléphones, des jouets, mais aussi des objets aux formes complexes, soit par impression 3D, soit par injection classique en industrie. Cela signifie que l’on peut utiliser les procédés existants et produire en masse des objets en Shrilk pour remplacer les matières plastiques actuelles.

Une fois mis au rebut, le bioplastique se décompose en quelques semaines. Plus encore, il libère des substances nutritives qui soutiennent la croissance des plantes. Les chercheurs de l’Institut Wyss ont fait pousser un plant de cornille californienne en utilisant un terreau enrichi avec du bioplastique de chitosane. En trois semaines, ils ont constaté que la substance avait stimulé la croissance des plantes.

Cette alternative aux plastiques pourrait bientôt se retrouver dans nos épiceries et, qui sait, peut-être bien dans tous nos objets faits de plastique…

 


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