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Devenir un meilleur ingénieur - Par : Frédéric du Verle,

Devenir un meilleur ingénieur


Cet article a été écrit dans le cadre du cours Leadership et responsabilité citoyenne offert aux étudiants de l’ÉTS à la session d’hiver 2022, grâce au soutien de la Fondation Jarislowksy. Le thème retenu cette année était : Agir dans un Québec mondialisé.

Frédéric du Verle
Frédéric du Verle Profil de l'auteur(e)
Frédéric du Verle est conseiller en aménagement durable du territoire et en stratégies de mobilités. Étudiant en maîtrise à l’ÉTS, il souhaite mieux intégrer la gestion dans une pratique systémique et dans l’analyse du cycle de vie des projets.

Interactions

Achetée sur Istockphoto.com. Droits d’auteur.

Les mesures sanitaires entraînées par la COVID commencent à être levées après presque deux ans. Comme beaucoup d’étudiants, j’ai fait ma rentrée à l’ÉTS au cœur de la pandémie et je n’y ai pas mis les pieds une seule fois depuis le début de ma maîtrise. Ça fait bizarre!

On est presque habitués maintenant à tout faire à distance, et ce n’est pas plus mal. On économise sur le temps des trajets, leur coût, les embouteillages, etc. On est plus flexibles pour mieux s’organiser entre le travail, les études et la vie personnelle. Cependant, cela nous fait manquer le plus important dans un cursus : les interactions.

D’après mon expérience, il y a trois bénéfices importants à retirer de ses études :

  1. les connaissances acquises,
  2. les interactions/contacts,
  3. la renommée de l’établissement.

Les connaissances sont importantes, mais on est tous capables d’ouvrir des livres ou un ordinateur et d’apprendre. À l’ère du numérique, l’information est plus accessible que jamais.  La plupart des grandes écoles (MIT, Harvard, etc.) offrent des cours et des ressources en ligne, et ce, gratuitement. On a encore besoin d’un diplôme pour prouver qu’on a bien assimilé certaines connaissances, dont la valeur est proportionnelle à la réputation de l’établissement. Toutefois, ce sont les rencontres qui font la différence dans un parcours universitaire. Même les grandes histoires de succès de ce monde ont commencé grâce à des interactions directes ou indirectes, le plus souvent faites, dans un milieu universitaire (Facebook, Apple, etc.).

Étudiante voilée de l’ÉTS

Les personnes que l’on rencontre lors de nos études vont nous enrichir, nous aider à développer nos capacités et à repousser nos limites. Ce n’est pas en demeurant dans notre zone de confort, à s’occuper de choses qu’on maîtrise avec une vision concentrique, que l’on trouvera la prochaine idée innovante. De nouvelles perspectives et approches : c’est ce qu’il nous faut développer lors de nos études. Les solutions techniques découlant d’une approche analytique, c’est indispensable, mais ce n’est pas suffisant. J’en ai personnellement fait le constat dans le cadre d’un emploi en ingénierie des transports.

L’un des mandats de mon équipe consistait à trouver une solution innovante pour résoudre les problèmes de congestion d’un nouveau développement urbain en nous basant sur des calculs : nombres de voies, fréquences des feux, etc. Nous avons travaillé d’arrache-pied, mais je réalise aujourd’hui que la solution proposée n’avait rien d’innovant. À rester penchés sur nos calculs, sans échanges ni ouverture de notre part, nous avons omis de considérer le principe de demande induite, qui peut être vulgarisé par : plus l’offre est grande, plus l’utilisation/la demande augmentera. L’exemple classique de ce principe est la Katy Freeway, une autoroute à Houston augmentée à 26 voies de circulation, toutes congestionnées aux heures de pointe. Nous étions à l’opposé de la vision environnementale du projet, qui aurait orienté nos choix sur les déplacements à pied et en transport en commun. Des exemples similaires, il y en a dans tous les domaines de l’ingénierie.

Katy Freeway

La Katy Freeway

Les interactions, confronter ses idées à celles des autres, c’est ce qui fait la richesse des études et forme de bons ingénieurs. Malheureusement, dans le contexte de la pandémie, avec pour seule rencontre des réunions Zoom, c’est compliqué.

Certains cours nous aident à développer notre esprit critique et notre vision, à avoir une approche plus systémique des problèmes, par exemple. Tout ne peut pas forcément se résoudre avec une équation ou une ligne de programme. Les répercussions humaines, sociales, de santé, économiques ou autres peuvent prendre des dimensions considérables en dehors de notre considération analytique pour l’automatisation d’une chaîne de production, ou de l’écriture d’un programme informatique. L’outil le plus formidable que j’ai pu trouver à l’ÉTS, permettant de mieux nous préparer à considérer cette adaptation « au reste du monde » et à ses conséquences, c’est le cours LRC100 — Leadership et responsabilité collective. Je le recommande à tous les étudiants du bac et de la maîtrise.

Ce cours nous plonge hors de notre zone de confort par des échanges captivants qui ouvrent nos horizons. C’est le cours pour faire de nous de meilleurs ingénieurs, et non, de simples techniciens puisqu’un ingénieur se doit de penser et pas seulement de faire. Dans ce cours, on explore de nombreux domaines où l’ingénierie peut jouer un rôle, mais aussi être influencée dans sa pratique future. Chaque séance aborde un thème important et différent, mais fait ressortir rapidement les liens entre chacune des spécialités d’ingénierie. C’est l’occasion d’interagir avec des personnes inspirantes de tous les horizons de notre société. J’ai eu la chance d’y rencontrer monsieur Serge Godin (ingénieur, milliardaire, fondateur et CEO de CGI) et Lucien Bouchard (ancien premier ministre du Québec et chef de l’opposition à Ottawa), mais aussi d’entrepreneurs au parcours unique et tout aussi impressionnant, entre autres.

Les conférences des intervenants, maintenant accessibles sur la chaîne YouTube de l’ÉTS, ont permis de couvrir plusieurs considérations importantes. Toutefois, l’aspect le plus enrichissant a été les échanges privés que nous avons pu faire par la suite, aussi bien par Zoom qu’en personne, lors des présentations de nos sujets de recherche. Ces interactions ont débouché sur des opportunités de carrière ou, comme pour l’un de mes camarades de classe, d’une rencontre privée avec monsieur Godin et de l’obtention de financement pour le démarrage d’une entreprise. Si vous pensez que les intervenants politiques ou culturels n’ont pas d’influence sur votre domaine d’études, c’est la preuve que vous avez besoin de suivre ce cours. On a qu’à penser aux liens entre la politique et l’ingénierie civile au Québec…

Matériel d’un étudiant de l’ÉTS

En définitive, même en confinement durant la COVID, j’ai pu tirer profit d’une ouverture sur le monde grâce à l’ÉTS, et particulièrement grâce au cours LRC100. Rien que pour cela, mon retour aux études en aura valu la peine. Mon parcours personnel m’a permis d’apprécier pleinement l’influence qu’une expérience de la sorte peut apporter à une carrière. Seuls points négatifs : ce cours ne se donne qu’à l’hiver et a un nombre limité de places. Donc, dépêchez-vous, ne tenez pas mes mots pour acquis et allez vérifier par vous-même en vous inscrivant à ce cours! Vous ne pouvez qu’en ressortir meilleurs ingénieurs.

 

Frédéric du Verle

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Frédéric du Verle est conseiller en aménagement durable du territoire et en stratégies de mobilités. Étudiant en maîtrise à l’ÉTS, il souhaite mieux intégrer la gestion dans une pratique systémique et dans l’analyse du cycle de vie des projets.

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