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Des milliers de vies sauvées grâce à un rein artificiel - Par : Luis Felipe Gerlein Reyes,

Des milliers de vies sauvées grâce à un rein artificiel


Luis Felipe Gerlein Reyes
Luis Felipe Gerlein Reyes Profil de l'auteur(e)
Luis Felipe Gerlein est étudiant au doctorat à l’ÉTS. Ses recherches portent sur la nanofabrication et la caractérisation de dispositifs optoélectroniques à base de chalcogénures de plomb, de nanostructures à base de carbone et de matériaux pérovskite.
Programme : Génie électrique 

Pour les personnes souffrant d’insuffisance rénale, la transplantation d’un rein reste le meilleur traitement. Les chances d’acceptation sont bonnes et, donc, celles de guérison. Malheureusement, les donneurs de rein se font rares. De tous les patients en attente d’une transplantation, seulement un peu plus de 10 % en obtiennent une. Aux États-Unis seulement, près de treize personnes en attente d’une transplantation rénale décèdent chaque jour. Au Canada, une personne sur dix souffre d’insuffisance rénale et ce chiffre ne cesse d’augmenter. Ces données pourraient heureusement changer grâce à la création d’un rein artificiel.

rein artificiel

Un canadien sur 10 souffre d’insuffisance rénale.

Pour tous ceux qui ne peuvent trouver de donneur de rein compatible, la dialyse est une solution qui, quoiqu’elle fonctionne, ne règle pas le problème. Une équipe de chercheurs de l’université Vanderbilt, à Nashville (Tennessee), a dernièrement publié les résultats d’une recherche concernant l’élaboration du tout premier rein artificiel. L’équipe, dirigée par le professeur agrégé William Fissel, M.D., déclare que cet appareil pourrait remplacer la dialyse, traitement incommode que les patients subissent en moyenne trois fois par semaine.

Ce rein « bioartificiel » remplit les mêmes fonctions qu’un véritable rein : il filtre le sang, il en élimine les déchets et il règle la quantité de sels minéraux et d’eau dans l’organisme. La nécessité de la dialyse s’en trouve ainsi réduite. Mieux encore : l’appareil est biocompatible. Il peut être implanté dans l’organisme et activé par les mouvements cardiaques du patient.

Il intègre une nanotechnologie à base de silicium et culture de cellules rénales, lesquelles s’obtiennent facilement en laboratoire. Ces deux éléments sont sûrs pour l’organisme et ne déclenchent pas chez ce dernier de réponse immunitaire naturelle. Les risques de rejet sont ainsi faibles.

Grâce à des techniques courantes de fabrication de dispositifs semi-conducteurs, tels la photolithographie, le décapage chimique ou la gravure sèche, l’équipe a conçu, d’une part, une plateforme de silicium poreux qui filtre le sang de ses impuretés et, d’autre part, une structure qui maintient les membranes de cellules rénales artificielles « en aval du filtre d’admission, hors d’atteinte de la réponse immunitaire du corps », comme l’a déjà expliqué le docteur Fissel. La pression sanguine normale du patient suffit à faire fonctionner l’appareil, aucune source d’énergie externe n’est donc requise. L’appareil est formé de puces faites de silicium et de cellules rénales. Jusqu’à quinze de ces puces peuvent se superposer.

La difficulté, ici, tenait à rediriger le flux naturel d’un vaisseau sanguin pour le faire passer par une membrane où produiraient le filtrage et l’élimination des déchets. Il fallait éviter la coagulation du sang et les lésions de la membrane. Ce problème a été résolu par des simulations de dynamique des fluides, menées en collaboration avec la professeure Amanda Buck, Ph. D., du département de génie biochimique. Ses résultats ont permis de concevoir le moyen idéal de réguler le flux sanguin et de le faire passer par les membranes.

L’équipe, grâce aux bons résultats obtenus, est prête à passer à l’étape des essais cliniques avant la fin de 2017. Les patients toujours plus nombreux à attendre une transplantation de rein pourraient bénéficier de cet appareil. Il ne coûte pas cher à produire, selon des techniques courantes, et sa fabrication pourrait facilement se faire à grande échelle. Espérons que ce rein artificiel fasse très bientôt partie des traitements dont disposent les patients.

Luis Felipe Gerlein Reyes

Profil de l'auteur(e)

Luis Felipe Gerlein est étudiant au doctorat à l’ÉTS. Ses recherches portent sur la nanofabrication et la caractérisation de dispositifs optoélectroniques à base de chalcogénures de plomb, de nanostructures à base de carbone et de matériaux pérovskite.

Programme : Génie électrique 

Chaire de recherche : Chaire de recherche du Canada sur les matériaux et composants optoélectroniques hybrides imprimés 

Profil de l'auteur(e)


commentaires
  1. Battini dit :

    Ça serait la délivrance pour des milliers de personnes!!! Continuer vos recherches et si besoin de cobayes humains faites le paraître sur ce site vous aurez beaucoup de volontaires.

  2. Badlou Davis dit :

    Bonjour je souhaiterais vraiment que cette maladie sois solutionner notamment pour ma grande sœur ayant fait de la dialyse.

  3. Merakeb hamida dit :

    Bonne nouvelle, j’espere que se sera pour bientot, moi aussi je fais la dialyse a alger depuis 8 ans,et j’ai fais une greffe renale qui a echoué pendant l’operation ,ils m’ont dit que il y’a eu thrombose arterielle , a s’avoir si c’est vrais ou non,vu que la medecine chez nous est nul,se qui me chagrine le plus c’est que c’est ma soeur qui m’a donné le rein ,elle se retrouve maintenant avec un seul rein, aujourd’hui je m’en veux d’avoir accepté cette greffe. Je vous fais s’avoir que ça fait maintenant 8 mois que j’ai fais cette operation et je suus retourné au dialyse

  4. Chantal Desjardins dit :

    Cette recherche fait partie de notre catégorie « innovation d’ailleurs » et n’a donc pas été effectuée à l’ÉTS. Prière de contacter les chercheurs de l’Université Vanderbilt (Nashville, Tennessee) pour plus d’information.

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