ACTUALITÉ SCIENTIFIQUE
ET INNOVATION DE L'ÉTS
Comment bien gérer la confidentialité des données? - Par : Abraham Gomez,

Comment bien gérer la confidentialité des données?


Abraham Gomez
Abraham Gómez est chercheur en TI. Ses intérêts de recherche incluent l’intelligence artificielle, les applications infonuagiques ainsi que les applications génétiques des mégas données. Il termine actuellement un doctorat à l’ÉTS.

Image d’entête de Daniel Mietchen, licence CC, source.

Depuis le début du XXIe siècle, les réseaux sociaux, les systèmes de géolocalisation ou les services offerts par « l’infonuagique » (« Cloud Computing ») ont attiré beaucoup de personnes à travers le monde. Différents éléments ont contribué à l’utilisation massive de ces technologies : la possibilité de rencontrer de vieilles connaissances, celle d’exprimer son opinion sur l’information en temps réel et celle de communiquer à partir de n’importe où dans le monde, tels sont quelques-uns des avantages de ce type de technologie. Le coût est un aspect secondaire puisque tout est gratuit (même si c’est seulement parfois au début) : l’utilisateur doit simplement s’inscrire sur la page appropriée et voilà, il accède au monde. Mais, au-delà de ces avantages reconnus, quel est le coût réel de ces services? Pourquoi des entreprises comme GoogleMD, FacebookMD ou TwitterMD permettent-elles l’accès à leurs produits sans aucun paiement? Le service est-il vraiment totalement gratuit? Quel est le véritable avantage économique de ces entreprises?

À mon avis, bien que ces technologies présentent plusieurs avantages, certains aspects méritent réflexion quand vient le moment de les utiliser : la perte de notre confidentialité, l’absence d’un cadre légal approprié, la perte de la propriété intellectuelle sur l’information que nous avons transférée à leurs serveurs. Ce ne sont là que quelques-uns des grands défis auxquels les utilisateurs des services des grandes entreprises sont confrontés aujourd’hui. Cet article traitera du premier aspect : l’importance de bien gérer la confidentialité.

Donnees2

Tout d’abord, la perte de la confidentialité est une conséquence réelle de l’utilisation d’Internet. Mais la vraie question qui se pose est celle-ci : combien d’informations confidentielles sommes-nous prêts à perdre? Sur ce plan, les entreprises qui gèrent les réseaux sociaux les plus célèbres, telles que FacebookMD, GoogleMD ou TwitterMD ont connu un succès remarquable. De même qu’au siècle dernier et cela depuis des décennies les compagnies de tabac ont réussi à nier le lien entre le cancer et le tabagisme, les entreprises de réseaux sociaux ont réussi à se dégager de toute responsabilité quant à la perte de notre confidentialité découlant de l’utilisation de leurs services. Elles nous offrent de beaux produits et des contenus adaptés à nos besoins, qui en plus sont gratuits, mais nous devons leur faire savoir qui nous sommes, où nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous aimons ou qui sont nos amis. Parfois, elles nous demandent la permission d’obtenir des informations sur nous et d’accepter certaines de leurs conditions. Voilà l’astuce : on accepte ces conditions et elles ne seront pas responsables de toute utilisation ultérieure de ces informations.

Actuellement, avec FacebookMD et ses 800 millions d’utilisateurs, TwitterMD et 550 millions et l’utilisation des produits GoogleMD partout dans le monde, il existe une grande possibilité que nous soyons surveillés au moyen de notre information enregistrée dans leurs différents serveurs. Et comme les compagnies de tabac, les entreprises de réseautage social déclinent toute responsabilité dans l’utilisation secondaire des données confidentielles recueillies et elles se déchargent sur l’utilisateur qui a accepté de partager l’information avec elles.

Donnees3

De plus, les progrès technologiques permettent de recueillir plus de données sur nous à travers la téléphonie mobile, les capteurs à distance, les caméras de sécurité, la reconnaissance faciale, etc. Grâce aux nouvelles techniques permettant d’extraire des informations utiles à partir de grandes quantités de données (Big Data), une masse incroyable d’informations dessine de plus en plus un certain profil : le nôtre.

Ainsi, cette information inestimable devient très utile à d’autres entreprises qui veulent vendre un produit ou une idée, peut-être simplement connaître un comportement en particulier ou savoir qui est le meilleur public cible pour certains types de produits. Voilà les avantages économiques des réseaux sociaux : ils peuvent vendre nos données à n’importe quelles entreprises sans autorisation préalable écrite de notre part.

Pour conclure, je dirais que, tôt ou tard, on devra faire quelque chose pour protéger notre confidentialité et demander aux gouvernements de prendre des mesures pour contrer ces entreprises qui profitent de notre intimité sans autorisation. Voici quelques idées :

1. Vous devez vous rendre compte que la perte de la confidentialité est inévitable. Il est absolument impossible de garantir une confidentialité à 100%, à moins que vous n’ayez décidé d’utiliser un faux profil. Mais, il est possible de gérer ces réseaux et de faire face à ce problème. Il est important cependant de se demander avant tout combien de données vous êtes prêt à partager.

2. Lisez le formulaire d’inscription pour savoir si ces entreprises pourraient utiliser vos données ultérieurement.

3. La responsabilité individuelle : chaque personne a la responsabilité de gérer sa propre information et sa confidentialité en matière de protection des données. La loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels ainsi que la loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé imposent aux organismes publics et aux entreprises privées des obligations pour ce qui a trait à la collecte, à la conservation, à l’utilisation et à la communication des renseignements personnels. Mais la loi ne peut pas remplacer votre responsabilité et votre capacité de jugement.

 

Abraham Gomez

Profil de l'auteur(e)

Abraham Gómez est chercheur en TI. Ses intérêts de recherche incluent l’intelligence artificielle, les applications infonuagiques ainsi que les applications génétiques des mégas données. Il termine actuellement un doctorat à l’ÉTS.

Programme : Génie des technologies de l'information  Génie logiciel 

Profil de l'auteur(e)


Recevez les dernières actualités scientifiques de l'ÉTS
commentaires

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *