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Le bruit, un fléau pour la santé et pour l’environnement - Par : Substance,

Le bruit, un fléau pour la santé et pour l’environnement


Modèle numérique de l’oreille

Modèle numérique 3D d’une oreille externe incluant la partie osseuse (rouge), le cartilage (bleu) et les tissus mous (jaune). @ Olivier Doutres.

Olivier Doutres, professeur à l’ÉTS

Olivier Doutres, professeur à l’ÉTS

Le bruit. L’OMS le définit comme un son qui n’est pas désiré ou qui est nuisible.

Le bruit n’est pas seulement une nuisance, c’est aussi un danger pour la santé.

Olivier Doutres, qui est ingénieur acousticien, en a fait son champ d’étude et son terrain de jeu. Il est l’un des trois piliers du Groupe de recherche en acoustique à Montréal (GRAM). Ce laboratoire réunit des chercheurs de l’ÉTS et de l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST).

Les travaux du chercheur visent à réduire l’exposition des individus au bruit et à prévenir ses effets indésirables sur la santé et la sécurité des travailleurs et du public en général.

C’est la musique qui a influencé son parcours. « L’intérêt pour la musique amène souvent les étudiants à s’intéresser à la physique des sons et des ondes sonores, et à choisir d’étudier l’acoustique », explique-t-il.

Ses activités de recherche s’organisent principalement autour de deux axes : la protection auditive et le bruit environnemental. « Nous cherchons à mieux comprendre les mécanismes physiques qui régissent le comportement acoustique des protecteurs (bouchons ou coquilles) pour assurer une meilleure protection auditive des travailleurs. Par ailleurs, nous travaillons à développer des matériaux acoustiques qui permettent de mieux isoler les cabines d’avion des bruits externes, mais aussi des outils permettant de mieux comprendre la génération des bruits internes causés par les systèmes vibrants embarqués. »

isolant acoustique pour avion

Portion de structure de fuselage d’avion avec isolant acoustique apparent.

Il y a beaucoup à faire dans l’un et l’autre domaine. On estime que la population à risque de surdité à l’échelle mondiale est de 120 millions de travailleurs. Au Québec, 360 000 personnes sont exposées à des niveaux de bruit dangereux (supérieurs à 85 décibels). Le danger est également associé au bruit dit « environnemental ». L’OMS considère que, même à moins de 85 décibels, c’est l’un des principaux dangers liés à l’environnement. On parle des sons émis par le transport routier, ferroviaire et aérien, provenant autant de l’extérieur que de l’intérieur (affectant, par exemple, les passagers). Les activités récréatives comme les spectacles de musique en sont également une source. Une exposition répétée à ces bruits a d’importants effets sur la santé : perturbation du sommeil, maladies cardiovasculaires, baisse des niveaux de performance, effets psychosociaux (agressivité et isolement), etc.

transducteur osseux

Mesure objective de l’effet d’occlusion, un inconfort important associé au port des bouchons d’oreilles.

« J’ai toujours avancé par passion », rapporte le professeur Doutres. D’abord technicien, il a ensuite choisi l’Université du Mans, mondialement reconnue pour son Laboratoire d’Acoustique et son équipe réunissant professeurs et chercheurs du CNRS. Lors de son cursus d’ingénieur, il a suivi un stage de recherche en laboratoire à Madrid qui a été l’élément déclencheur de sa passion pour la recherche… et les voyages. Après sa maîtrise et son doctorat au Mans, il a traversé l’océan en 2009 pour se retrouver à l’Université de Sherbrooke, avant de se joindre à l’ÉTS en 2015.

Oreille artificielle conçue par le GRAM

Oreille artificielle suspendue dans la chambre anéchoïque et utilisée pour caractériser l’efficacité de protection contre le bruit d’un bouchon d’oreille.

Olivier Doutres a élargi sa pratique afin d’intégrer certaines disciplines des sciences humaines, notamment l’ergonomie et la psychologie industrielle. « Je recherche de plus en plus la pluridisciplinarité, la collaboration avec d’autres chercheurs. Ça amène un niveau de complexité et d’échanges très stimulant. » Il apprécie aussi grandement la liberté de recherche dont il jouit à l’ÉTS. 

« Tout seul, je ne suis pas grand-chose. Je fais partie d’un microcosme où, tous ensemble – étudiants, chercheurs, techniciens et professeurs –, nous avançons. Tout en répondant aux besoins des industriels, le transfert de connaissances, la création de connaissances et l’aspect collaboratif de mon travail sont les objectifs de ma pratique. » 

Le professeur Doutres a remporté l’année dernière le prix de l’invention la plus prometteuse à l’ÉTS. En collaboration avec Vladimir Brailovski, un autre professeur-chercheur de l’École, il a créé un isolant acoustique qui contribuera à réduire les nuisances sonores dans les cabines d’avion.


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