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Un singe tape 12 mots par minute via une ICM - Par : Darine Ameyed,

Un singe tape 12 mots par minute via une ICM


Darine Ameyed
Darine Ameyed est postdoctorante au Département de génie de la production automatisée à l’ÉTS. Ses intérêts de recherche portent sur l’informatique ubiquitaire et omniprésente, l’intelligence artificielle et l’interaction homme-machine.

To be or not to be. That is the question. Cette célèbre phrase tirée d’Hamlet de Shakespeare a été tapée sur un clavier virtuel par un singe, en utilisant uniquement ses ondes cérébrales. Et non, ce n’est pas un extrait de La planète des singes!

En créant une interface cerveau-machine, des chercheurs de l’Université de Stanford ont mené avec succès des expériences sur un groupe de singes qui ont réussi à retranscrire des textes de Shakespeare et du New York Times avec un taux de frappe de 12 mots par minute. Une interface cerveau machine (ICM) désigne un système de liaison directe entre un cerveau et un ordinateur, permettant à l’utilisateur d’effectuer des tâches simplement par la pensée et sans passer par l’action des nerfs périphériques et des muscles. Les primates ont été entraînés à utiliser leurs implants neuronaux pour déplacer un curseur sur un écran d’ordinateur et à taper des cercles allumés successivement, désignant les lettres du texte à écrire.

Les singes ont été équipés d’une EEG (électroencéphalographie) intracrânienne, un ensemble d’électrodes implantées sur la partie du cortex moteur (via une intervention invasive) qui permettent d’obtenir une lecture précise de l’activité cérébrale responsable du mouvement des bras. Mesurant l’activité électrique des neurones lors de la phase 1 où les singes apprennent à contrôler le curseur en utilisant leur propre bras, puis en phase 2 en utilisant juste la pensée, les algorithmes analysent le flux de données dans les deux cas et retrouve les similarités.

Un algorithme d’apprentissage automatique a permis de retrouver les motifs liés aux intentions des actions déplacement gauche, droite, haut et bas et de les traduire en frappes sur le clavier virtuel affiché sur l’écran.

Bien que des technologies similaires aient déjà été mises en place, ce système est nettement plus précis et plus rapide que tout ce qui existe actuellement.

Les chercheurs sont motivés par l’objectif de mettre en place des ICM qui pourraient grandement aider les personnes paralysées ne pouvant pas communiquer autrement. Des essais cliniques similaires ont été menés avec des sujets humains souffrant de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), également connue sous le nom de maladie de Charcot ou de maladie de Lou-Gehrig. Utilisant une tablette Android, la femme souffrant de SLA a pu taper 6 mots par minute pour communiquer et naviguer sur Internet.

 

Darine Ameyed

Profil de l'auteur(e)

Darine Ameyed est postdoctorante au Département de génie de la production automatisée à l’ÉTS. Ses intérêts de recherche portent sur l’informatique ubiquitaire et omniprésente, l’intelligence artificielle et l’interaction homme-machine.

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