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Le chemin peut être sinueux, mais c’est le vôtre - Par : Frédéric Bourgeon,

Le chemin peut être sinueux, mais c’est le vôtre


Frédéric Bourgeon
Frédéric Bourgeon Profil de l'auteur(e)
Frédéric Bourgeon est ingénieur structures câblées au sein Freyssinet International & Cie. Il conçoit et suit tout le cycle de vie d’éléments cruciaux d’infrastructures comptant parmi les plus grandes au monde.

Qui a déjà entendu dire que son cursus était d’une logique implacable ? Probablement très peu d’entre nous. Je serais prêt à parier que nous avons tous eu l’impression d’avoir un parcours trop tordu, trop original, peu cohérent. Avoir des doutes est quelque chose de normal, mais en les transformant, vous devenez un individu de grande valeur : vous-même. Vous voyez venir la langue de bois, les grands mots et un beau discours ? Vous allez être déçus, ce n’est pas le cas. En vous parlant succinctement de mon expérience, je vais tenter de vous montrer que vous n’avez qu’à révéler la valeur qui est en vous, là, dormante. Aparté personnel à venir.

Il y a quelques années de cela, j’étais, très probablement comme vous qui lisez aujourd’hui cet article, étudiant aux cycles supérieurs à l’École de Technologie Supérieure (ÉTS). Pour être plus précis, j’étais étudiant à la Maîtrise en génie de la construction, concentration conception et réhabilitation et finissant à la session d’automne 2012. C’est donc environ 15 mois après le début de cette Maîtrise que j’en terminais avec cette page à l’ÉTS. C’est après deux ans d’études à Arts et Métiers ParisTech en France, que j’ai eu la chance d’être sélectionné pour faire un double diplôme à l’ÉTS en génie de la construction, un domaine non couvert par mon école d’origine. La complémentarité des formations était donc plutôt attirante.

parcours

Avant de terminer un stage en bureau d’études et de partir au Canada, mon tuteur m’a glissé un mot à l’oreille : « séismes ». Je vous avoue que j’avais du mal à comprendre où il voulait en venir à ce moment-là. Mais l’idée a fait son chemin et l’occasion s’est présentée pour moi de prendre le cours « Conception parasismique des structures » à l’École Polytechnique de Montréal. Quelques mois plus tard, j’ai saisi une autre opportunité de cours, celui intitulé « Design of Wood Structures » à l’université McGill cette fois. Ces deux cours dits « hors campus » m’ont beaucoup apporté. L’occasion m’a été donnée de saisir des opportunités que je savais bénéfiques. Pourquoi m’en priver? Et pourquoi vous en priver?

Au risque assumé de me répéter, les cours ne sont pas tout. Pour rester pendant quelques lignes dans l’académique, parlons du projet ou du mémoire. Une fois de plus, l’ÉTS donnant de la flexibilité aux étudiants, pourquoi ne pas en profiter? J’ai fait le choix d’un projet de 15 crédits qui représente pour moi l’équilibre entre une quantité de cours importante pour rééquilibrer mon cursus et un travail de recherche assez conséquent. C’est une occasion de teinter votre cursus, et pour faire original, j’ai choisi… les séismes! Un projet transversal entre le génie parasismique et la vulnérabilité des bâtiments existants, deux sujets qui ont, je pense, beaucoup d’avenir.

En dehors d’une expérience professionnelle très enrichissante dans un bureau d’études (sorte d’entreprise proche du génie-conseil en construction) en tant qu’ingénieur-stagiaire en ingénierie des structures, les problématiques des matériaux classiques en construction – béton et bois principalement (j’avais déjà couvert les métaux bien plus largement qu’habituellement en génie civil lors de ma formation en France) – n’ont été que survolées. Qu’à cela ne tienne! Tout ne s’apprend pas dans le cours, loin de là. Facile à dire, mais qu’en est-il réellement? La réalité, c’est à vous de la prendre à bras-le-corps, mais, heureusement, vous n’êtes pas seul. Vous pouvez trouver beaucoup de ressources à l’ÉTS pour vous aider à vous aligner sur les « besoins du marché », à construire votre chemin, à compléter votre profil et à continuer à vous enrichir personnellement et professionnellement.

Seulement, tous les cours ne peuvent pas être donnés à l’ÉTS. Mais Montréal ne compte pas autant d’excellentes universités simplement pour le plaisir des yeux et la fierté de ses habitants. Comme vous l’avez lu plus haut, je souhaitais aller dans une direction plus « conception » que « gestion » dans un premier temps. Un choix de carrière, un pari, un défi tout simplement. Malheureusement pour moi, la plupart des cours de conception étant donnés au Baccalauréat et donc hors-programme en maîtrise, il me fallait trouver l’alternative. Pourquoi ne pas aller prendre les connaissances là où elles sont accessibles? Pourquoi se gêner?

Malheureusement pour moi, la période à laquelle j’étais finissant, le génie civil ne connaissait pas sa meilleure période au Québec. J’ai dû prendre la difficile décision d’amorcer mon retour en France. Après avoir refusé quelques offres d’emplois jugées sous-rémunérées ou ne correspondant finalement pas à mes intérêts, je me dirige vers les bancs de l’école pour quelques très courts mois. C’est cette fois à l’École des Ponts ParisTech et pour un Mastère Spécialisé en Génie civil européen que je m’engage. Formation reconnue pour son excellence, c’est à la suite de ma thèse professionnelle que je suis engagé chez Freyssinet International & Cie au sein de l’équipe structures câblées.

Après bientôt deux ans au sein de cette équipe, j’ai eu l’opportunité de travailler sur les ponts et stades parmi les plus importants en construction, voyager dans de nombreux pays et collaborer avec de nombreux clients pour leur apporter la plus entière satisfaction tout en assurant la sécurité de nos équipes. Tout cela en continuant d’affiner mes compétences en dynamique des structures, une problématique majeure des câbles dans des projets toujours plus longs ou plus hauts.

C’est du point où je suis actuellement que je peux affirmer une chose : votre parcours atypique vous met en avant et fait de vous un élément recherché. Le cocktail si particulier de connaissances et de compétences qui vous caractérise est une combinaison unique, donc de grande valeur. La logique dans votre parcours ne saute peut-être pas aux yeux, mais faire un bilan, même rapide, de ce qui vous a conduit jusque-là devrait vous aider. Maintenant, ce bilan, refaites-le de temps à autre, vous verrez, cette logique sera de plus en plus limpide pour vous. Chaque fois que vous ferez ce bilan, la valeur qui « dort » en vous se révèlera. Pour faire simple : « lather, rinse, repeat ». Ne doutez pas, vous avez fait le bon choix.

Frédéric Bourgeon

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Frédéric Bourgeon est ingénieur structures câblées au sein Freyssinet International & Cie. Il conçoit et suit tout le cycle de vie d’éléments cruciaux d’infrastructures comptant parmi les plus grandes au monde.

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