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La moto volante Flike - Par : Jérémy Brossard,

La moto volante Flike


Jérémy Brossard
Jérémy Brossard Profil de l'auteur(e)
Jérémy Brossard a commencé un doctorat en génie électrique à l’ÉTS. Sa thèse vise à étendre les performances d’une méthode de commande brevetée en 2015, la commande B, au profit des quadricoptères pour en améliorer les performances.
Programme : Génie électrique 

Présentation

Fin novembre dernier s’est tenu à l’ADNEC (Abu Dhabi National Exhibition Center) la 7e édition de l’événement mondial Big Boys Toys. Cette exposition luxueuse expose les dernières innovations technologiques des entreprises. Parmi les inventions les plus surprenantes, nous retrouvons le tricoptère Flike conçu par des ingénieurs de l’Institut de recherche hongrois. Cette moto volante encore au stade de prototype a de quoi faire des envieux chez les admirateurs de Star Wars puisqu’il permettrait à terme de se déplacer à la manière des Podracers visibles dans l’épisode I : La menace fantôme.

Caractéristiques et performances

Le concept du tricoptère Flike est composé de six rotors en composite de carbone, regroupés par paires sur trois axes, dont les hélices tournent deux à deux en contre rotation.  Situés à équidistance autour d’un cercle, deux rotors se retrouvent en avant et un en arrière. Chaque moteur est propulsé électriquement par des batteries lithium-polymère, ce qui permet d’atteindre selon les chercheurs une durée de vol comprise en 15-20 min pour un vol stationnaire ou 30-40 min en vol de croisière.

Cette moto volante de 240 kg peut embarquer une charge maximale de 100 kg. Elle a été conçue électriquement pour atteindre une vitesse maximum de 100 km/h (62 mph) et une altitude allant jusqu’à 30 m (98,4 pi), ce qui semble amplement suffisant puisque la machine ne possède pas de cabine. En cas de moteur défectueux, les autres moteurs possèdent suffisamment de puissance pour maintenir la portance le temps de réaliser un atterrissage d’urgence.

Comme le montre la vidéo ci-dessous, certains aspects restent encore à améliorer avant de pouvoir se déplacer comme dans Star Wars. Tout d’abord, son manque d’agilité et sa difficulté à se déplacer en suivant une trajectoire laissent supposer des améliorations nécessaires concernant la commande de rotation des hélices.

De plus d’un en ce qui a trait à la sécurité, la proximité avec les hélices en rotation semble plutôt effrayante. Néanmoins, des images visibles du futur prototype laissent présager une protection autour de celles-ci bien que l’accessibilité n’apparaît pas entièrement bloquée.

Applications potentielles

Un des principaux intérêts de cette technologie et de pouvoir se déplacer sur des terrains accidentés, dans des zones difficiles d’accès, avec beaucoup plus de facilité que les moyens de locomotion classiques tels que la voiture ou la moto. La possibilité de raccourcir les trajets en survolant des terrains sans chemin véritable est un atout important pour intervenir en situation d’urgence auprès d’habitants dans des régions isolées, par exemple. Les distances couvertes par les agents chargés de la surveillance des frontières pourraient également être bien plus importantes. De plus, l’utilisation de ce mode de déplacement peut stimuler notre imagination sans difficulté, que ce soit dans le cadre de loisir, de course, d’exploration…

Conclusion

Le prototype manquant encore de maturité, la compagnie hongroise aurait toutefois déjà enregistré de nombreuses commandes. Cette technologie récente est encore assujettie à une réglementation peu précise. Mais comme dans le cas des drones, nul doute que des règles de sécurité vont être adoptées, d’ailleurs une licence de pilote particulière pour ce type d’appareil a déjà été évoquée. Pour acquérir un tricoptère, en plus de satisfaire aux aspects réglementaires et de démontrer beaucoup de courage, vous devrez débourser une somme d’environ 100 000 USD. Il faudra donc patienter encore un peu avant d’assister à la démocratisation des motos volantes, mais avouez que cela laisse présager un avenir fort intéressant!

Jérémy Brossard

Profil de l'auteur(e)

Jérémy Brossard a commencé un doctorat en génie électrique à l’ÉTS. Sa thèse vise à étendre les performances d’une méthode de commande brevetée en 2015, la commande B, au profit des quadricoptères pour en améliorer les performances.

Programme : Génie électrique 

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