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Le génie de la santé pour faciliter les interventions cardiaques - Par : Faten M'Hiri,

Le génie de la santé pour faciliter les interventions cardiaques


Note de l’éditeur : hier a eu lieu la journée internationale de la femme. Tout au long de la semaine, l’équipe de Substance a décidé de mettre les chercheuses à l’honneur en mettant en avant une sélection d’articles rédigés par des femmes. Nous espérons que notre sélection vous plaira.

Aujourd’hui, nous avons choisi un article rédigé en juin 2016 par Faten M’Hiri.

La première fois que je suis allée dans une salle d’intervention à l’hôpital Sainte-Justine, j’ai été impressionnée par le nombre de cardiologues et d’autres cliniciens qui se mobilisaient pour « réparer » une petite artère de quelques millimètres d’un jeune bébé de quelques mois.  À ce moment-là, je venais de finir ma maîtrise en génie logiciel à l’ÉTS et je faisais un stage de recherche avec l’équipe du professeur Luc Duong. J’étais encore tiraillée entre chercher un emploi et m’inscrire au doctorat. Après ma première visite à Sainte-Justine, j’ai su que je voulais faire un doctorat dans l’équipe du professeur Duong au laboratoire d’imagerie interventionnelle.

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Figure 1 Intervention percutanée coronarienne

Mon travail consiste à proposer des techniques de segmentation et de recalage de radiographie, ce qui permet de guider les chirurgiens lors des interventions cardiaques percutanées. Une intervention percutanée est une forme de chirurgie utilisée pour réparer ou diagnostiquer une pathologie quelconque. Contrairement à une chirurgie à cœur ouvert, cette intervention consiste à faire passer un cathéter (un tube de quelques millimètres de diamètre) dans une artère (par exemple, l’artère fémorale) et naviguer dans la structure artérielle du patient avec ce cathéter jusqu’à atteindre la zone « malade ». Le seul moyen de guider le chirurgien qui fait circuler le cathéter est de mettre à sa disposition des radiographies prises en temps réel qui lui présentent en quelques secondes l’intérieur du torse du patient et lui permettent ainsi de visualiser le cathéter et les vaisseaux sanguins autour. Cela dit, ces radiographies ne donnent pas toute l’information nécessaire. C’est là que notre équipe de recherche intervient.

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Figure 2 Extraction des artères coronaires (en rouge) à partir d’une radiographie 2D

Mon premier objectif de recherche consiste à trouver une solution pour détecter et extraire automatiquement les structures d’intérêt (c.-à.d. les artères et les autres vaisseaux sanguins) du reste de l’image. Une telle solution permettrait, dans un deuxième temps, de faire un recalage de la structure du patient acquise en 3D (avant l’intervention) sur celle vue en temps réel (une séquence radiographique 2D). Ceci permettrait aussi d’obtenir une meilleure présentation des radiographies lors des interventions percutanées.

Le doctorat est une longue aventure qui comporte ses hauts et ses bas (sinon cela ne serait pas un bon défi à relever). Ce qui me motive le plus, c’est de pouvoir travailler sur un problème concret et de collaborer avec une équipe multidisciplinaire formée d’ingénieurs et de professeurs de l’ÉTS d’un côté et de chirurgiens et d’autres cliniciens de l’autre. De plus, je pense toujours à ma première visite dans la salle d’intervention où je voyais trois cardiologues observant la même radiographie pour placer le cathéter dans le cœur du patient. Je me suis dis : « Si je pouvais contribuer à les aider juste un peu dans leur travail, je serais la plus heureuse des doctorantes! ».

L’auteure parle de son projet dans la vidéo suivante: