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ElectRoad : La route du futur - Par : Hanen Hattab,

ElectRoad : La route du futur


Hanen Hattab
Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels.

La chaussée du futur pourra charger les automobiles électriques pendant qu’elles roulent : une idée qui réinvente la structure et l’usage de la route depuis l’opus caementicium de l’antiquité romaine. L’entreprise en démarrage israélienne ElectRoad a imaginé un concept de transfert d’énergie de la chaussée vers les véhicules électriques. Son équipement sera implanté cette année dans les routes de Tel-Aviv afin d’alimenter les autobus électriques publics.

Optimisation du réseau de transport public

ElectRoad a été fondée en novembre 2013 par Oren Ezer pour innover dans le secteur de la mobilité électrique écologique. Son objectif principal est de résoudre efficacement les problèmes de rejets de CO2 dans les villes et de dépendance du transport terrestre aux énergies fossiles. Le système d’électrification sans fil des transports urbains, nommé DWPT (Dynamic Wireless Power Transfer), est le projet phare d’ElectRoad. L’entreprise envisage de se concentrer d’abord sur les transports publics avant de repenser la technologie pour les besoins du transport privé. Un premier test a été effectué avec un bus électrique et a couvert 20 mètres d’une route électrique réaménagée en dehors du laboratoire. En 2017, la société testera la technologie sur un bus électrique public dans le cadre d’un projet pilote en collaboration avec la ville de Tel-Aviv. Le test qui sera effectué en ville permettra de vérifier si la technologie résiste aux facteurs climatiques et humains à savoir l’humidité, la chaleur, le froid, et un trafic dense.

L’équipement et le fonctionnement du DWPT

Le système utilise le principe de l’induction électromagnétique et peut être installé dans n’importe quel type de véhicule électrique. Le concept ressemble au principe des chargeurs sans fils des téléphones cellulaires. Il est aussi similaire aux systèmes de recharge des entreprises Qualcomm. Toutefois, il est construit de matériaux moins sophistiqués et sa technologie est plus simple et rapide à aménager sur les véhicules et dans la chaussée. Équiper les infrastructures routières urbaines de ce système évitera l’utilisation de batteries chimiques et de bornes de recharge.

Selon Ezer, le directeur général, l’installation du système sur un kilomètre dure une demi-journée. L’équipement utilise le cuivre et le caoutchouc et ne nécessite pas des travaux d’envergure puisqu’il ne s’agit que de creuser un sillon de huit centimètres de profondeur. Le processus d’installation commence par la mise en marche d’un grattoir d’asphalte qui creuse une tranchée tout au long du trajet parcouru par l’autobus. Un deuxième véhicule installe les bandes de charges d’énergie sans fil et remplit la tranchée avec de l’asphalte. Des onduleurs intelligents communiquant en temps réel sont installés sur les côtés de la route. Une bobine fixée sous le véhicule électrique reçoit l’énergie transférée au travers d’un petit entrefer de 24 centimètres. Le rayonnement est minimisé par un écran local pour protéger le conducteur et les passagers. La planification et la gestion de la flotte de bus seront plus faciles puisqu’il ne sera plus nécessaire de les recharger. Notons que les bus seront équipés de petites batteries afin qu’ils puissent se déplacer jusqu’à cinq kilomètres sans courant électrique.

Electroroad

Les portions de routes électrifiées

Ezer a déclaré aussi que l’innovation du DWPT réside dans la suppression de la source d’énergie. L’électricité proviendra d’une source d’énergie renouvelable et sera transférée à la route : une solution durable, non polluante et sécuritaire. Il a ajouté aussi qu’une batterie de bus électrique peut coûter 300 000 $ et peser cinq tonnes. En retirant cette dernière, le bus s’allège du tiers de son poids et nécessite désormais moins d’énergie. Cette technologie est écologique parce qu’elle évite l’utilisation de grosses batteries contenant généralement des matériaux qui coûtent cher et dont l’extraction est polluante. Elle est aussi économique puisqu’elle n’utilise pas des composants coûteux. Le coût de revient du système d’ElectRoad représente la moitié du prix des autobus diesel. Pour Ezer, cette nouvelle technologie a des avantages très importants pour les villes et les collectivités qui mettent en place une nouvelle infrastructure routière et des transports en commun parce qu’elle permettra d’économiser de l’argent et pourra être ouverte aux taxis et aux tramways.

Electroad a reçu une subvention de recherche et d’innovation du programme Horizon 2020 de l’Union européenne et a récemment suivi le programme de Capital Nature, un accélérateur d’entreprise en démarrage qui se concentre sur les énergies renouvelables émergentes en Israël.

 

Hanen Hattab

Profil de l'auteur(e)

Hanen Hattab est doctorante en sémiologie à l’UQAM. Ses recherches portent sur les pratiques d’art et de design subversifs et contre culturels comme le vandalisme artistique, le sabotage et les détournements culturels.

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